Jeunes et investis. Les moins 35 ans sont aujourd’hui les principaux moteurs de l’investissement en Bourse. Selon l’AMF, plus de la moitié d’entre eux (53%) envisagent d’acquérir des actions, contre 42% en 2023. Un choix plutôt inspiré, puisque commencer à investir jeune est encore la meilleure chance d’arriver à terme à un capital conséquent, tout en minimisant les risques.

➡️ Dans cet article je vous explique pourquoi commencer à investir tôt est un avantage, et vers quels placements se tourner quand on est jeune. 

Pourquoi investir jeune change tout

Pouvoir prendre plus de risque

Quand on est jeune, on a naturellement moins peur de prendre des risques : 

  • peu de charges (moins d’assurances, parfois pas de voiture, pas de budget dédié aux enfants…),
  • peu de responsabilités financières (souvent pas d’enfants, ni de crédit),
  • et surtout un horizon d’investissement très long (à 30 ans, on a 30, 40, voire 50 ans d’épargne devant soi).

Cela permet d’accepter plus facilement les fluctuations des marchés et de viser une allocation plus dynamique, notamment en actions, sans mettre en danger son équilibre financier.⤵️

L’horizon long réduit le risque

En Bourse, plus l’horizon est lointain, plus les krachs boursiers ont de chance d’être absorbés. Par exemple, sur les dix dernières années (2016 – 2026), le CAC 40 a connu quatre années de baisse : 

  • 2018 : -10,95%
  • 2020 : -7,14%
  • 2022 : -9,50%
  • 2024 : -2,15%

Mais ces sur ces dix ans, la progression de l’indice a été de +82,03%, porté notamment par de très bons exercices 2019 (+26,37%) et 2021 (+28,85).

Ce qui est vrai pour la Bourse l’est d’ailleurs aussi pour les autres placements. Comme le rappelle l’Autorité des marchés financiers, plus on a du temps devant soi, plus on peut absorber les baisses : 

“En matière d’investissement, les possibilités de rendement sont d’autant plus favorables que la durée de détention est longue. Il existe donc une durée recommandée, celle qui donne au placement, à la condition qu’il soit diversifié, les meilleures chances de procurer un bon rendement tout en minimisant les risques de pertes. Pour un placement en actions, cette durée recommandée est d’au moins 10 ans.”

AMF

Profiter de la performance de la Bourse à long terme

Outre le fait d’absorber les baisses, investir tôt permet aussi de profiter du placement le plus rentable sur le long terme : la Bourse.

Les données de l’IEIF (Institut de l’Epargne Immobilière et Foncière) montrent année après année que ce sont les actions qui affichent le meilleur rendement sur la durée : 11,8% en moyenne par an sur les quarante dernières années (1984-2024).

Performance historique de long terme du S&P 500
Performance historique du S&P 500.

Idem, depuis sa création, la performance annuelle moyenne du S&P 500 (500 plus grandes entreprises américaines) est de 6,63%.

➡️ Ces rendements ne sont jamais garantis, mais sur la base de données historique, ils montrent que les indices boursiers ont tendance à être en hausse depuis leur création.

Une épargne de précaution plus faible

Entre 20 et 30 ans, les imprévus sont souvent moins lourds : pas encore de charges familiales importantes, peu de risques de maladie grave ou de chômage long.

➡️ C’est un avantage énorme : moins d’argent immobilisé, plus d’argent qui travaille.

Comment investir quand on est jeune : mode d’emploi

1. Constituer un petit matelas de sécurité

Le préalable à tout investissement, mais avec peu de charges ou de responsabilités, est de sécuriser un minimum.

✅ Quand on a entre 20 et 30 ans, un matelas de 2 à 3 mois de salaire suffit généralement. Ce qui laisse beaucoup plus d’argent disponible pour investir une fois cette épargne de précaution constituée.

Par exemple : au niveau du salaire médian (2 100 € net à temps plein selon l’Insee), cela représente entre 4 200 et 6 300 euros.

Ce matelas sert principalement à éviter d’être obligé de vendre ses titres boursiers à perte en cas de besoin urgent d’argent (panne de voiture, déménagement, frais médicaux, etc).

➡️ Pour cette réserve de sécurité, pas de tracas, placez-la sur vos livrets réglementés : Livret d’épargne populaire (LEP) en priorité, sinon le Livret A. Elle sera ainsi toujours à portée de retrait en cas de coup dur. 

2. Définir ses objectifs

Une fois la case sécurité cochée, vous pourrez vous pencher sur vos objectifs d’épargne, à court et long terme : 

  • Court terme (0 – 3 ans) : dépenses courantes, vacances, achat d’un ordinateur, d’une voiture, préparationd d’un mariage, etc.
  • Long terme (plus de 8 ans) : retraite, liberté financière, constitution d’un patrimoine.

Exemple d’objectif long terme : préparer un apport immobilier

Si vous envisagez d’acheter un bien dans quelques années, une partie de votre épargne peut être dédiée à cet apport. Dans ce cas, mieux vaut conserver cette somme dans un placement liquide et relativement sécurisé, adapté à l’horizon, par exemple :

  • des livrets : Livret A, LEP, LDDS, éventuellement compte à terme (CAT). Votre apport reste disponible à tout moment – ou à l’échéance choisie sur un CAT – et vous le retirez sans impôts !
  • Une assurance vie : à placer en fonds euros, la partie sans risque. Contrairement aux livrets réglementés, la fiscalité s’applique sur les retraits.
  • Un compte-titres (CTO) : avec des obligations peu risquées (notées “investment grade”) vous prenez peu de risque avec un rendement cible de 2% à 3%. Mais n’oubliez pas que la flat tax (31,4%) s’applique lors du retrait.

➡️ L’objectif : faire fructifier sans prendre le risque de perdre l’argent nécessaire au projet. Si votre épargne de précaution occupe déjà vos livrets, l’assurance vie en fonds euros est sans doute la meilleure option, surtout si votre projet immobilier est dans plus de 8 ans.

3. Choisir une enveloppe

Une enveloppe fiscale est un produit d’épargne dans lequel vous pouvez placer votre argent et investir dans différents “supports” (des actions, des obligations, de l’immobilier, etc.)

Le choix de l’enveloppe est déterminant, car la fiscalité, la liquidité (la possibilité de retirer son argent quand on le souhaite) et parfois les supports accessibles varient de l’une à l’autre. Voici un rapide résumé : 

  • Le Plan d’épargne en actions (PEA) : idéal pour investir en Bourse, principalement en actions européennes et ETF du monde entier éligibles, avec une fiscalité très avantageuse après 5 ans (pas d’impôt sur le revenu à payer sur les plus-values)
  • Assurance vie : c’est l’enveloppe couteau-suisse, polyvalente, qui permet de combiner fonds euros (sécurité) et unités de compte (diversification), afin de préparer différents projets tout au long de sa vie.
  • Compte-titres ordinaire (CTO) : une enveloppe flexible pour investir en Bourse, avec davantage de liberté que sur un PEA, mais sans avantage fiscal.

➡️L’objectif n’est pas de cumuler les enveloppes, mais de choisir celle qui s’adapte le mieux à votre profil (horizon de temps, appétence au risque, connaissances financières). Par exemple, je ne recommande pas ici le Plan d’épargne retraite (PER), une enveloppe qui devient pertinente à partir d’un certain niveau d’imposition.

Quentin
Les conseils de Quentin

Si vous souhaitez vous lancer en Bourse, le PEA reste l’enveloppe à privilégier, et si possible à ouvrir le plus tôt possible, afin de “prendre date” et d’arriver plus rapidement à l’anniversaire des 5 ans qui débloquent l’avantage fiscal. Pour un investissement plus équilibré, ou en complément, l’assurance vie me semble également indispensable pour sa souplesse et son utilité tout au long de la vie.

Tableau récap des enveloppes fiscales

Assurance viePEACTO
C’est bloqué ?Non, votre argent est dispo à tout moment.Non, mais si vous retirez avant 5 ans le PEA est clôturé.Non, vous retirez quand vous voulez (aux heures d’ouverture des Bourses).
Sur quoi je peux investir ?Presque tout : fonds euros, actions, obligations, ETF, immobilier, non-coté, etc.Des actions d’entreprises cotées en Bourse en Europe, et des ETF du monde entierTout ce qui s’échange en Bourse : actions, obligations, ETF, matières premières, etc.
Pour un projet à quelle échéance ?Court, moyen ou long terme. Même si ça devient plus intéressant passé 8 ansMoyen ou long terme : au minimum 5 ans.Court, moyen ou long terme : tout dépend de ce dans quoi on investit.
Combien ça peut rapporter ?Entre 2% et 3% sur ce qui est sans risque, jusqu’à 8% à 10% par an sur des actions (à long terme).Jusqu’à 8% à 10% par an sur des actions (à long terme).Entre 2% et 3% sur des obligations, jusqu’à 8% à 10% voire plus sur des actifs très risqués.
Il y a un avantage fiscal ?Oui, sur les retraits au bout de 8 ans.Oui, sur les retraits au bout de 5 ans.Non.
Sinon, je paye combien d’impôts ?Sans l’avantage fiscal : 30% (flat tax à taux réduit)Sans l’avantage fiscal : 31,4% (flat tax) sur les gains.31,4% sur les gains.
Il y a un plafond ?Non, illimitéOui, 150 000 € pour les versements (mais les gains peuvent dépasser)Non, illimité
Je dois m’en occuper moi-même ?Au choix : gestion libre ou pilotéePlutôt vous-mêmes, mais existe en gestion pilotéePlutôt vous-mêmes, mais existe en gestion pilotée
Ça s’ouvre chez qui ?Banques, assureurs, courtiers en ligneBanques, courtiers en ligne.Banques, courtiers en ligne.
Où trouver le meilleur ?Meilleures assurances vie 2026Meilleurs PEA 2026Meilleurs compte-titres 2026
Tableau comparatif des enveloppes fiscales.

4. Commencer petit

Pas besoin de grosses sommes pour commencer à investir : 30 à 50 € par mois suffisent pour lancer la machine.

Entre 20 et 30 ans, en étant étudiant ou jeune actif, consacrer 5 à 15% de ses revenus à l’épargne est un bon repère. 

Ce qui compte, ce n’est pas le montant, mais la régularité : investir chaque mois, même peu, crée une habitude qui compte sur la durée.

➡️ Je vous en dis plus ici : “Combien faut-il épargner par mois ?”

Où investir quand on est jeune (selon l’horizon)

Court terme : épargne

Pour tout ce qui doit rester disponible dans les 6 à 24 mois, mieux vaut rester sur des placements simples, sûrs et liquides : Livret A, LDDS ou LEP si vous y avez droit.

➡️ Ces placements ne rapportent pas beaucoup, mais ils garantissent que l’argent sera là quand vous en aurez besoin, sans risque de perte.

Long terme : actions via ETF

Pour les objectifs à plusieurs années — voire plusieurs décennies — les ETF (Exchange Traded Fund) sont la solution la plus efficace. Ils permettent d’investir en Bourse de façon diversifiée et peu coûteuse.

➡️ Les ETF ne se limitent pas aux actions. Il existe aussi des ETF obligataires et monétaires. En les mélangeant dans son portefeuille il est ainsi possible de calibrer sa prise de risque selon son horizon d’investissement : 5, 10, 15 ans et plus.

Pour en savoir plus sur les ETF et apprendre à modeler votre portefeuille, rejoignez notre mini-formation gratuite.

Quentin
Les conseils de Quentin

Si votre entreprise propose un Plan d’épargne entreprise (PEE) ou un PER collectif, cela peut être une bonne porte d’entrée. Surtout si votre entreprise prévoit un abondement, c’est-à-dire qu’elle complète vos versements. Attention toutefois aux frais, et là aussi, privilégiez les ETF.

Exemples concrets : l’impact du temps

Pour illustrer l’effet d’une épargne régulière sur le long terme, voici le capital qu’il est possible d’atteindre sur 10, 20, 30 et 40 ans avec de petits montants et un capital de départ de 0 €.

Cette simulation prend en compte les intérêts composés. C’est-à-dire le fait que les intérêts générés sur une année s’ajoutent au capital placé, et génèrent eux-mêmes des intérêts l’année suivante, et ainsi de suite. Un effet particulièrement puissant sur le long terme. L’hypothèse de rendement est ici de 8% (que l’on peut espérer des marchés boursiers sur le long terme).

Épargne mensuelle / durée10 ans20 ans30 ans40 ans
50 € par mois8 692 €27 457 €67 970 €155 434 €
100 € par mois17 384 €54 914 €135 940 €310 868 €
150 € par mois26 076 €82 372 €203 910 €466 302 €

Les risques quand on investit jeune

Investir jeune offre beaucoup d’avantages, mais cela n’empêche pas de rencontrer quelques pièges qui peuvent vous freiner : 

  • Se laisser influencer : quand on débute, on peut facilement se laisser porter par des modes, des influenceurs peu recommandables ou les conseils d’amis “qui ont fait un gros coup”.
  • Ne pas s’informer suffisamment : investir sans comprendre ce que l’on fait, c’est s’exposer à des erreurs évitables : acheter trop cher, vendre trop tôt, ne pas pouvoir retirer son argent quand on le souhaite, etc..
  • Négliger la sécurité minimale : même avec du temps devant soi, un minimum de sécurité reste indispensable avant de prendre des risques.
  • L’aversion au risque : à l’inverse, ne pas prendre de risques raisonnables en fonction de son âge rend plus fastidieuse la constitution d’un capital conséquent. 

Pour commencer en douceur, vous pouvez regarder notre série de 5 vidéos pour les débutants.

Investir jeune sans se compliquer la vie

Derniers conseils à destination des investisseurs en herbe, voici trois bonnes pratiques pour commencer à épargner sans trop y penser : 

  • Automatiser ses versements : la manière la plus simple d’investir sans y penser, c’est d’automatiser un virement chaque mois vers son enveloppe fiscale ou livret.
  • Investir à date fixe (DCA) : investir la même somme à intervalles réguliers, quel que soit l’état du marché, est une méthode efficace pour lisser la volatilité et construire un patrimoine sans se poser de questions.
  • Épargne « forcée » : investir dès que l’argent tombe. Une bonne habitude consiste à investir dès que le salaire arrive, avant même de commencer à dépenser. C’est une forme d’épargne forcée : l’argent ne dort pas sur le compte courant, il est immédiatement orienté vers vos projets.

Questions fréquentes

Faut‑il investir même avec un petit salaire ?

Oui, même de petits montants réguliers peuvent faire une grande différence sur 10 ou 20 ans. L’important est de commencer tôt et de rester régulier.

Vaut‑il mieux épargner ou investir quand on est jeune ?

Les deux sont complémentaires : un petit matelas d’abord, puis l’investissement pour faire croître son argent. Le long terme joue en faveur de l’investissement.

Peut‑on investir sans prendre trop de risques ?

Oui, en diversifiant et en respectant son horizon de temps. Avec des ETF, par exemple, des versements réguliers, et une part sécurisée selon ses besoins (Livret A, fonds euros).

Quel montant investir chaque mois ?

Un repère simple : 10 à 20% de ses revenus selon sa situation. L’essentiel est avant tout la régularité, pas le montant.