L’assurance-vie est le placement préféré des Français, avec pas loin de 1 800 milliards d’euros placés ! Pourtant, les idées reçues sur l’assurance-vie ont la vie dure. En cause, son nom qui prête parfois à confusion. Non, l’assurance-vie n’a pas grand-chose d’une « assurance sur la vie ». C’est un placement souple qui – bien utilisé – peut être très performant. C’est aussi une superbe niche fiscale qui peut vous faire économiser beaucoup d’argent. On vous dit tout sur l’assurance-vie !

Les points clés
  • L’assurance-vie est un placement souple qui permet de répondre à tous vos objectifs : pour le court terme ou le long terme, la sécurité ou la performance.
  • La fiscalité de l’assurance-vie est avantageuse à deux titres : sur les gains générés et en cas de succession.
  • Pour bien choisir votre assurance-vie, privilégiez les assurances-vie en ligne, sans frais sur versements et avec un large choix de supports d’investissement.

Le fonctionnement de l’assurance-vie

L’assurance-vie est un placement souple qui permet de s’adapter à tous vos objectifs : que vous visiez une forte performance sur le long terme ou, au contraire, un placement sécurisé. D’ailleurs, plus qu’un placement, on dit que l’assurance-vie est une enveloppe fiscale :

  • c’est une « enveloppe », ou un « compte » au sein duquel vous pouvez réaliser toutes sortes de placements ;
  • et profiter d’un cadre fiscal avantageux.

Dans une assurance-vie, vous pouvez ainsi investir dans différents supports d’investissement, par exemple des fonds à capital garanti, des actifs boursiers ou des fonds immobiliers. Dans l’assurance-vie, on regroupe ces supports d’investissement en deux grandes catégories :

  • le fonds euros, dont le capital est garanti ;
  • les unités de compte.

Le fonds euros

Le fonds euros est un fonds à capital garanti géré par l’assureur de votre contrat d’assurance-vie. À la fin de chaque année, le fonds verse des intérêts et sa valeur ne peut que progresser. Pour parvenir à ce résultat, l’assureur investit principalement ces fonds dans des bons du trésor français ou européen ainsi que dans des obligations d’entreprises solides.

Malheureusement, dans un univers de taux bas, la performance des fonds euros s’érode année après année. En 2019, le rendement moyen des fonds euros a été de 1,46%. Il existe néanmoins des fonds euros boostés ou dynamiques, qui investissent une fraction de leurs actifs dans des actions et de l’immobilier et qui sont un poil plus performant.

Les supports en unités de comptes

Vous l’aurez compris, les fonds euros apportent de la sécurité mais pas beaucoup de performance. Pour la performance, d’autres supports existent : les « unités de compte ». Parmi les plus courantes, on retrouve :

  • Les fonds d’investissements (ou OPCVM) : ce sont des paniers d’actions ou d’obligations ;
  • Les trackers, aussi appelés ETF : ce sont aussi des paniers de titres, mais ils répliquent un indice boursier.
  • Les fonds immobiliers : SCPI ou OPCI.

Certains contrats d’assurance-vie permettent aussi d’investir directement dans des titres vifs (par exemple l’action Peugeot) et dans des fonds d’entreprises qui ne sont pas cotées en bourse.

Les unités de compte sont dédié au long terme et, en contrepartie de fluctuations, elles peuvent rapporter de 2 à 5% pour l’immobilier et de 6 à 10% par an pour les actions.

Pour vos investissements boursiers, les ETF (trackers) sont les meilleurs placements, leurs frais sont beaucoup plus faibles et ils sont plus performants. Attention toutes les assurances-vie ne permettent pas d’investir en ETF.

Gestion libre ou gestion pilotée ?

Choisir les bons supports d’investissement n’est pas une tache aisée lorsqu’on débute. Pour vous simplifier la vie, certains contrats proposent une gestion pilotée : c’est le gérant du contrat qui choisit la combinaison des différents supports d’investissement qui correspond le mieux à vos besoins.

En gestion libre, c’est à vous de faire le boulot ! Notez que vous pouvez à tout moment modifier votre portefeuille d’investissement, par exemple réduire la proportion de fonds euros pour augmenter la proportion d’actions. Dans le jargon, cela s’appelle un arbitrage.

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La fiscalité de l’assurance-vie

L’assurance-vie offre un cadre fiscal avantageux, aussi bien sur les gains que vous allez réaliser que lors de votre succession.

Si vous ne souhaitez pas entrer dans le détail, retenez ces trois points :

  1. Tant que vous ne retirez pas votre argent de votre assurance-vie, vous ne payez pas d’impôt.
  2. En cas de retrait, vous n’êtes taxé que sur les intérêts et sur les plus-values, pas sur le capital (c’est la moindre des choses !).
  3. Huit ans après l’ouverture de votre contrat, la fiscalité de l’assurance-vie s’atténue et vous pouvez même, dans une certaine mesure, être exonéré d’impôt.

La fiscalité de l’assurance-vie avant 8 ans

Avant 8 ans, les intérêts et les plus-values de votre contrat sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), soit 30% tout compris :

  • 12,8% au titre de l’impôt.
  • 17,2% au titre des prélèvements sociaux.

C’est l’imposition normale pour les revenus du capital. Vous avez aussi la possibilité de choisir l’imposition à l’IR (impôt sur le revenu) si cela est plus avantageux pour vous. C’est le cas si votre tranche marginale d’imposition est inférieure ou égale à 11%.

La fiscalité de l’assurance-vie après 8 ans

Huit ans après l’ouverture de votre contrat, vous pouvez profiter des avantages fiscaux de l’assurance-vie :

  • En cas de retrait, vous avez le droit à 4 600€ d’abattement avant imposition (9 200€ si vous êtes mariés).
  • Le taux d’imposition passe de 12,8% à 7,5% pour les plus-values au-delà de l’abattement.

En pratique, vous pouvez donc complètement échapper à l’impôt tant que vos retraits emportent une plus-value inférieure à l’abattement annuel de l’assurance vie. Nous vous conseillons donc de fractionner autant que possible vos retraits le jour où vous avez besoin d’argent.

Notez que la réduction du taux d’imposition est valable uniquement sur les premiers 150 000 € versés.

L’assurance-vie à la succession

À votre décès, l’épargne atteinte sur votre assurance-vie est transmise aux bénéficiaires que vous avez désignés dans votre contrat.

Pour les versements effectués avant 70 ans

Les sommes versés par le défunt avant 70 ans jouissent d’un triple avantage :

  1. Elles sont hors succession : ce qui veut dire qu’elles ne viennent pas augmenter le reste de la succession (patrimoine immobilier, mobilier, financier, etc). C’est très utile car l’impôt sur les successions est progressif.
  2. Elles profitent d’un abattement de 152 000 € par bénéficiaire. Par exemple, si vous avez un contrat avec 300 000 € et deux bénéficiaires, aucun ne paiera de droits de succession !
  3. Le taux d’imposition est réduit pour les sommes allant au-delà de l’abattement.

La dernière disposition est particulièrement intéressante pour les gros patrimoines ou si vos bénéficiaires ne sont pas des descendants en ligne directe. Par exemple, une nièce sera normalement taxée à 55%, alors qu’avec l’assurance-vie, ça ne sera que 20%.

Pour les versements effectués après 70 ans

Les versements effectués après 70 ans suivent un autre traitement. Cette fois les sommes versées rentrent dans la succession, mais :

  1. Vous profitez d’un abattement de 30 500 € (tous bénéficiaires confondus).
  2. Les plus-values et les intérêts sont totalement exonérés de droit de succession !

En conclusion, vous l’aurez compris, pour anticiper sa succession, on peut difficilement faire mieux que l’assurance-vie.

Si vous voulez éviter les erreurs lors de votre succession, nous vous conseillons d’ouvrir un nouveau contrat après vos 70 ans.

Comment choisir son assurance-vie ?

Pour profiter au plus vite des avantages fiscaux de l’assurance-vie, nous vous conseillons d’ouvrir un contrat le plus tôt possible, même avec une petite somme, pour « prendre date ».

Mais toutes les assurances-vie ne se valent pas. Voici les points principaux à regarder avant d’ouvrir un contrat :

  • Les frais : il existe plusieurs types de frais dans l’assurance-vie.
    • Les frais sur versement : autant le dire tout de suite, fuyez tout contrat qui impose des frais d’entrée ou des frais sur versements.
    • Les frais d’arbitrage : ce sont des frais prélevés lors d’achats/ventes de supports d’investissement. Là aussi vous pouvez trouver des contrats sans frais d’arbitrage.
    • Les frais de gestion : ce sont des frais annuels, proportionnels à l’épargne versée. Un bon contrat aura des frais inférieurs ou égaux à 0,8% par an.
  • La qualité des supports d’investissement : la performance de vos investissements dépendra de la qualité des supports disponibles dans votre assurance-vie. Nous vous recommandons les assurances-vie qui proposent des ETF (ou trackers) car ce sont des supports à frais réduits.
  • La qualité du fonds en euros : bien que moins performants qu’avant, les fonds euros continuent à avoir un intérêt pour sécuriser une partie de votre patrimoine. Le type de fonds euros et leurs performances sont donc à regarder. Privilégiez les fonds boostés avec une composante immobilière.
  • La qualité du courtier : les courtiers en ligne et les pure players de l’investissement ont tendance à apporter des conseils plus pertinents que les banques universelles et leurs frais sont généralement plus faibles. Par ailleurs, ils proposent des applications web souvent plus complètes.
  • La gestion pilotée : si vous souhaitez une gestion pilotée, préférez celles qui utilisent des ETF, là encore pour des frais réduits et une meilleure performance.

Toutes vos questions pratiques : plafond, garanties, durée, …

L’argent est-il bloqué sur l’assurance-vie ?

La réponse est tout simplement non. Il arrive que certaines personnes confondent les huit années nécessaires pour profiter des avantages fiscaux avec une période de blocage, ce n’est pas le cas !

L’assurance-vie est-elle garantie ?

L’assurance-vie n’est pas un placement garanti tout simplement car ce n’est pas un placement en soi. C’est une enveloppe fiscale qui permet d’investir dans des supports d’investissements garantis ou non. Seul le fonds en euros est garanti.

Par ailleurs, l’État garanti à hauteur de 70 000 € votre épargne en cas de faillite de l’assureur. Sachez que les assureurs sont soumis à des règles prudentielles strictes qui permettent d’éviter les faillites. Néanmoins, si vous voulez jouer la sécurité, ouvrez des assurances-vie auprès de plusieurs assureurs.

Quelle est la durée d’un contrat d’assurance-vie ?

Légalement, le contrat d’assurance vie n’a pas de durée imposée. Il est parfois conclu à durée déterminée avec une tacite reconduction ou pour une durée viagère : le contrat prendra fin automatiquement à votre décès.

Y a-t-il un plafond de versement sur l’assurance-vie ?

Il n’y a pas de plafond de versement sur l’assurance-vie, contrairement au PEA (Plan épargne en actions) qui est plafonné à 150 000 euros.

Peut-on avoir plusieurs assurances-vie ?

Vous pouvez avoir autant d’assurance-vie que vous le souhaitez. Là encore, c’est un avantage par rapport au PEA qui est limité à un compte par personne physique.

Comment ouvrir une assurance-vie ?

Ouvrir une assurance-vie peut désormais se faire en ligne, dans une banque en ligne ou auprès d’un courtier spécialisé. C’est la deuxième option que nous vous recommandons. Pour le reste, c’est assez simple : un justificatif de domicile, un RIB et une pièce d’identité vous seront demandés.

Peut-on transférer un contrat d’assurance-vie ?

Depuis la loi PACTE, vous avez le droit de transférer l’épargne d’un contrat d’assurance-vie vers un autre contrat plus intéressant, sans perdre l’antériorité fiscale du premier contrat à condition que l’assureur du contrat soit identique. Notez que si l’assureur doit être le même, le courtier ou le conseiller peut être différent.

Qu’est-ce qu’une avance ?

L’avance est un dispositif de l’assurance-vie qui permet à son détenteur d’emprunter de l’argent auprès de la compagnie d’assurance pour couvrir un besoin de trésorerie. Le montant prêté dépend du capital placé. L’avance évite donc de réaliser un retrait. Vos capitaux restent investis et ils ne sont pas imposés comme ils pourraient l’être avec un rachat.

Que se passe-t-il au décès de l’assuré ?

Votre décès entraîne automatiquement le dénouement du contrat d’assurance-vie. Le capital accumulé ainsi que les plus-values générées sont alors transmis aux personnes que vous aurez préalablement désignées comme bénéficiaires du contrat.

Comment choisir entre assurance-vie et PEA ?

Le PEA permet d’investir en bourse et d’être exonéré d’impôt 5 ans après son ouverture. Sur ce point c’est un peu mieux que l’assurance-vie. Par contre, l’univers de supports est beaucoup plus réduit :

  • pas de fonds immobilier,
  • pas de fonds euros,
  • pas de fonds obligataire.

Le PEA ne présente pas d’avantages à la succession, contrairement à l’assurance-vie. Le PEA et l’assurance-vie sont en fait complémentaires, l’idéal est donc d’avoir les deux. Mais quitte à choisir, à moins que vous ne cherchiez à tout placer en actions, l’assurance-vie sera plus universelle.