Définition : qu’est-ce qu’une obligation ?

Une obligation est un titre de créance. Autrement dit, c’est une dette, contractée par un État, un organisme public ou une entreprise.

Lorsque vous souscrivez à une obligation, vous prêtez de l’argent à un État ou à une entreprise qui s’engage, en retour, à vous rembourser à une date convenue à l’avance, ainsi qu’à vous payer des intérêts réguliers. Au même titre qu’une action, une obligation peut être vue comme un placement financier. C’est d’ailleurs un placement moins risqué que les actions.

Les obligations permettent aux institutions publiques ou privées de financer leur développement sur le moyen et long terme. C’est un des modes de financement les plus rependus : le marché obligataire est évalué à 130 000 milliards de dollars !

Les obligations sont un des éléments d’un portefeuille boursier réussi, mais ce n’est pas le seul. On vous en dit plus dans notre guide pour investir en bourse.

Le fonctionnement des obligations

Une obligation est un titre financier qui a les trois grandes caractéristiques suivantes :

  • Le nominal : c’est le montant emprunté par titre. Si une émission obligataire d’un million d’euros est répartie en 100 titres, alors le nominal de chaque obligation sera de 10 000 €.
  • Le coupon : il s’agit du montant versé par l’émetteur de l’obligation à son propriétaire. Si vous achetez une obligation d’un nominal de 10 000 € avec un taux d’intérêt de 5%, alors vous recevrez un coupon annuel de 500 €. Le terme de « coupon » remonte à une époque où il fallait découper un coupon en papier de l’obligation en échange du paiement.
  • La date d’échéance : c’est la date à laquelle le nominal doit être remboursé par l’émetteur de l’obligation.

Notez que certaines obligations capitalisent les coupons. Dans ce cas, la totalité des intérêts et le nominal sont remboursés à échéance.

Marché primaire et marché secondaire

Lorsqu’une entreprise ou un organisme public réunit des investisseurs pour financer une émission obligataire, on parle de marché primaire. Le marché primaire est trusté par les investisseurs institutionnels. Parmi eux, les banques, certains fonds de pension ou encore des sociétés d’assurance.

Cependant, il n’est pas obligatoire de conserver une obligation jusqu’à son terme. Celle-ci peut être revendue à un autre investisseur : c’est le marché secondaire. La plupart des obligations s’échangent de gré à gré, entre investisseurs. Mais certaines sont aussi cotées en bourse, de sorte qu’elles s’échangent en continu, comme des actions.

Le prix des obligations

Lorsqu’une obligation est négociée sur le marché secondaire, elle s’échange à un prix qui peut être très éloigné de son nominal. Nous discutons des facteurs qui influencent le prix des obligations un peu plus loin.

À ce stade, notez que le prix d’une obligation a un impact immédiat sur son rendement. Une obligation de 10 000 € de nominal, avec un taux d’intérêt de 5%, a un rendement initial de 5%. Mais, si elle s’apprécie, et que vous l’achetez à 11 000 € sur le marché secondaire, son rendement tombe à 4,5%. Au demeurant, si elle continue à s’apprécier, vous pouvez aussi la revendre plus chère et réaliser une plus-value.

Comment investir dans des obligations ?

En direct

En tant qu’investisseur particulier, vous pouvez acheter des obligations individuelles lorsqu’elles sont cotées en bourse. Pour cela il suffit de passer par un bon courtier en ligne. Cela étant dit, c’est assez contraignant. Le montant minimal par transaction est généralement de 100 000 € (parfois 10 000 € et plus rarement 1 000 €). De plus, les titres vifs obligataires, cotés en bourse, ne sont pas très variés. Pour ces raisons, nous vous recommandons plutôt de passer des fonds obligataires et plus précisément des ETF.

Avec des ETF obligataires

Les ETF, aussi appelé trackers, sont des fonds d’investissement à frais réduits. Ils permettent de bien diversifier votre portefeuille boursier pour un coût presque imperceptible : comptez moins de 0,5% par an pour la plupart ; et de l’ordre de 0,1% par an pour les moins coûteux.

Les ETF sont catégorisés et sous-catégorisés par classes d’actifs, de sorte que vous pouvez trouver des ETF d’obligations d’État européens, très peu risqués ; tout comme des ETF d’obligations d’entreprises à haut rendement, plus volatils. Reste à faire votre sélection. On vous en dit plus dans notre article dédié aux ETF obligataires.

Vous pouvez acheter des ETF obligataires depuis un compte-titres et dans certaines assurances-vie (le choix sera alors plus restreint). Pour vous aider, nous avons fait un comparatif des meilleurs courtiers :

Les différents types d’obligations

On distingue généralement deux catégories d’obligations :

  • Les obligations d’États : bons du trésor (obligations à court terme) et OAT (obligation à long terme).
  • Les obligations d’entreprises (corporate bonds), qu’on peut classer en deux sous-groupes, selon la solidité des entreprises : les obligations Investment grade sont les plus sûres ; tandis que les obligations High Yield sont les plus volatiles et les plus rentables. Dans un ETF, leur taux de défaut reste néanmoins très faible.

Les obligations d’États des pays occidentaux sont réputées sans risque. En conséquence, leur rendement est très faible, voire négatif. Dans l’environnement de taux bas qu’on connaît actuellement, il sera plus intéressant de vous orienter vers les obligations des états émergents et celles des entreprises.

Les agences de notation publient, par ailleurs, une note pour la plupart des pays et des grandes entreprises, cela permet d’avoir une catégorisation plus fine, en fonction du risque associé à chaque titre.

Avantages et inconvénients des obligations

Selon nous, il y a plusieurs avantages à inclure des obligations dans un portefeuille boursier.

Le premier (et le plus important) est la réduction de la volatilité de votre portefeuille. Les obligations sont, en effet, beaucoup moins volatiles que les actions. Cela se comprend bien dans le sens où le revenu d’une obligation (le coupon) est connu à l’avance, alors que le revenu d’une action (le dividende) est incertain.

Le second avantage des obligations est la diversification. Il arrive assez souvent que lorsque le prix des actions baisse, les obligations s’apprécient. De sorte que, dans son ensemble, votre portefeuille traversera mieux les krachs boursiers.

Les obligations ne viennent malheureusement pas sans inconvénients. Le principal est à chercher du côté de la performance. Elle est plus faible que celle des actions. Le tableau ci-dessous vous donne une vue synthèse du pour et du contre.

Avantages
  • Faible volatilité
  • Rendement connu à l’avance et performance prévisible
  • Décorrélation et diversification
  • Valeur refuge (pour les obligations les mieux notées)
Inconvénients
  • Performance faible pour les obligations d’Etats (0 à 2%) ;
  • Performance modérée pour les obligations d’entreprises et celles des états émergents (2% à 5%)
  • Risque de taux : le prix baisse en cas de hausse des taux

Pourquoi ? Les obligations d’État sont utiles pour sécuriser et diversifier votre portefeuille, on vous les recommande surtout si vous avez un horizon à court moyen terme.

Comment ? Via des ETF obligataires, dans un compte-titres (comparatif) ou une assurance-vie (comparatif).

Comment le prix des obligations bougent-ils ?

Plusieurs facteurs peuvent influencer le cours des actifs obligataires.

Les taux d’intérêt et la politique monétaire

Plus le taux d’intérêt d’une obligation est élevé, plus elle a de la valeur (toutes choses égales par ailleurs). Par conséquent, si le taux d’intérêt des nouvelles obligations est en hausse, le prix des anciennes va baisser. Les investisseurs vont préférer acheter des obligations avec un taux élevé et délaisser les autres.

La politique monétaire des banques centrales a donc une influence prépondérante sur la performance des actifs obligataires. C’est leur taux d’intérêt qui sert de référence à l’ensemble du marché.

Le risque de crédit

Lorsque la solidité financière d’une entreprise se dégrade, il en va de même pour le prix des obligations qu’elle a émises. En effet, la santé de l’entreprise permet d’estimer la probabilité qu’elle fasse défaut. C’est aussi valable pour les États.

Pour éviter des pertes qui deviendraient trop importantes en cas de faillite, les gérants d’actifs peuvent d’ailleurs protéger leur portefeuille avec des CDS (Crédit Default Swap), qui agissent comme une assurance et permettent de couvrir ce risque.

La date d’échéance

Toutes choses égales par ailleurs, plus l’échéance d’une obligation se rapproche et plus elle prend de la valeur. C’est normal puisque le risque de crédit s’estompe petit à petit : il est peu probable qu’une entreprise en bonne santé rencontre des difficultés à court terme, mais dans 5 ou 10 ans, c’est plus incertain.