Depuis mars 2020, nous subissons un confinement fragmenté. Dès le mois d’avril 2020, les bourses ont fortement chuté pour se ressaisir et atteindre des niveaux inégalés début 2021. Ceci sous l’impulsion de politiques économiques accommodantes et d’une reprise de la croissance. Cependant, les bourses par peur d’une reprise de l’inflation, semblent encore fébriles. Il est donc légitime de se poser la question de l’attitude à adopter dans un tel contexte. Comment réagir lorsque la bourse chute ? Comment s’en prémunir ? Faut-il s’en inquiéter ? On vous livre notre analyse !

La bourse a toujours été traversée par des chutes

De tout temps – et surtout depuis son essor au début du vingtième siècle – la bourse a connu de nombreux soubresauts. Le grand krach de 1929 a marqué l’histoire du capitalisme. La bourse avait alors chuté de 50% en quelques jours, entraînant dans son sillage la grande dépression des années 30.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la bourse a chuté de 40 %. Dans les années 70, le choc pétrolier entraîne la bourse dans une spirale infernale et chute de 50 %. Dans les années 2000, ce fut la bulle internet, et huit années plus tard, la crise des subprimes qui engendrèrent des vents violents sur la planète financière.

Mais toutes ces crises ont-elles empêché un placement boursier d’être performant ? La réponse est non, comme nous allons le voir plus bas.

Malgré des chutes régulières, la bourse est haussière sur le long terme

La volatilité qui règne sur les marchés financiers peut légitimement vous inquiéter. Et l’avertissement habituel selon lequel « investir en bourse entraîne un risque de perte en capital » n’y est pas pour rien. Cependant cette assertion est à analyser plus finement au regard de l’histoire boursière. Ainsi, sur des périodes de 5 ans, les marchés actions peuvent effectivement connaître plusieurs cycles de baisses, entraînant de facto un risque de pertes. Mais, lorsqu’on allonge la période d’analyse à une décennie, les pertes tendent à se raréfier fortement. Et pour qui sait se montrer patient, sur un horizon de 15 ans, le risque de perte est quasiment nul.

Le graphique ci-dessous en est une démonstration criante. Il s’agit de l’évolution de l’indice américain S&P 500 depuis 1961.

Chute de la bourse : Évolution du S&P 500 price return, entre janvier 1961 et juin 2021.
Évolution du S&P 500 price return, entre janvier 1961 et juin 2021. Sources : Standard & Poor’s

On voit très bien sur ce graphique que, malgré les multiples krachs que la bourse a connus, la tendance est très largement haussière. Les pertes de 2008 ont, par exemple, été absorbées en l’espace de 4 ans. Qui plus est, le S&P 500 ne tient pas compte des dividendes, ce graphique sous-estime donc la performance de votre investissement.

La volatilité est le propre de la bourse. Cependant, une chute boursière n’est jamais une catastrophe insurmontable. Les cycles économiques font partie du jeu. Pour les traverser sans peine, vous devez, en revanche, maîtriser quelques bonnes pratiques de l’investissement boursier.

Comment se préparer à une chute de la bourse ?

Diversifiez votre portefeuille

L’objectif de la diversification est de réduire le risque de votre investissement. Lors d’un krach boursier, certaines entreprises ne se relèveront jamais. Il ne faudrait donc pas que vous ayez misé que sur l’une d’elles.

Pour diversifier correctement votre portefeuille, vous devez tenir compte de plusieurs paramètres. Ne vous contentez pas d’une poignée de titres. Si vous n’achetez que des valeurs cycliques, dans une même zone géographique, vous ne réduirez pas la volatilité de votre portefeuille. Pour bien diversifier, vous devrez investir dans tous secteurs d’activité et dans plusieurs pays. Les valeurs de votre portefeuille réagiront ainsi différemment en fonction de la conjoncture économique. Vous pouvez également sélectionner des entreprises de tailles différentes (small ou larges caps).

Pour plus d’efficacité, nous vous conseillons d’utiliser des ETF, qui sont des fonds indiciels négociés en bourse, lesquels vous permettront d’obtenir facilement une bonne diversification, à moindres frais. On vous dit comment choisir vos ETF ici !

Méfiez vous des modes

En bourse, une chute est bien souvent la conséquence d’une hausse exagérée. C’est l’éclatement d’une bulle, la correction d’une « exubérance irrationnelle ». Au cours de l’histoire, les bulles spéculatives ont été portées par certains titres ou certains secteurs d’activité (internet en 2000, l’immobilier en 2008). Ce sont ces mêmes secteurs qui ont le plus souffert des chutes qui ont suivi. Vous devez donc vous méfiez des actions à la mode.

Beaucoup d’investisseurs ont un comportement moutonnier lorsqu’il s’agit de placer son argent en bourse. Rappelez-vous de la célèbre phrase de Warren Buffett: “Quand mon charcutier commence à investir en bourse, je sais que c’est le moment d’en sortir”.

Constituez-vous une épargne de précaution

« Cash is king » dit l’adage anglo-saxon. Une épargne de précaution à l’abri des soubresauts boursiers aura deux avantages :

  • d’un point de vue psychologique, cela vous permettra de de traverser les chutes plus sereinement ;
  • si vous avez besoin d’argent au moment où les marchés sont bas, vous pourrez aller piocher dans cette épargne sans concrétiser des pertes.

Par ailleurs, une fois la chute passée, vous pourrez profiter de l’aubaine et investir davantage. Car après une tempête, il y a toujours une éclaircie !

On vous dit comment bien organiser votre épargne dans cet article. C’est le préalable à la bonne gestion de votre patrimoine !

Comment devez-vous réagir quand les bourses chutent pour de bon?

La pire erreur que vous puissiez faire est de paniquer, de vous dire que vous devez vendre vos titres ou les sécuriser. Après la chute, il est souvent trop tard pour cela. Et prévoir le moment de la chute est mission impossible.

Vous ne paniquerez pas si vous y êtes préparé. Mieux, ce sera le moment pour vous de profiter des opportunités. Rappelez-vous qu’il est relativement constant qu’après une chute brutale des cours, les marchés se reprennent. Parfois très vite et très fort. Ce sera le moment d’utiliser ses réserves de cash pour saisir l’opportunité.

Pour en savoir plus, retrouvez aussi notre article pour investir en temps de crise !

Exemple d’un investisseur qui investit avant la chute de 2008

Si vous aviez investi dans un ETF CAC 40, juste avant la crise financière de 2008, alors que l’indice perdait 25% de sa valeur, vous auriez pu être tenté de sécuriser votre portefeuille.

  • Prenons l’hypothèse d’un portefeuille A, composé uniquement d’un ETF répliquant le CAC 40. Le portefeuille A est investi depuis juillet 2007 jusqu’en juin 2021. Malgré la crise, la performance de son investissement est de + 60%. (Pour le calcul, pensez à bien prendre le CAC 40 GR, c’est-à-dire avec les dividendes réinvestis.)
  • Le second portefeuille, B, est lui aussi composé uniquement d’un ETF CAC 40. En 2008, après une baisse de 25% de l’indice (qui continuera de baisser encore d’autant) l’investisseur B, dégoûté des marchés, se retire et investit ses avoirs dans un fonds en euros à capital garanti. L’investisseur du portefeuille B pense avoir sauvé les meubles et conserve son placement en l’état jusqu’à maintenant. Avec un fonds euros à 2% par an, l’investisseur B aura tout juste récupéré sa mise 13 ans plus tard.
Évolution du CAC 40 GR (dividendes réinvestis), juste avant la première chute de 2007.
Évolution du CAC 40 GR (dividendes réinvestis), juste avant la première chute de 2007.

Conclusion : vous devez faire avec les chutes

Les baisses sur les marchés actions sont consubstantielles à cette classe d’actifs. Les chutes en bourse sont récurrentes et imprévisibles. Vous devez donc garder votre sang-froid et savoir que tôt ou tard, une correction adviendra. En revanche, vous savez maintenant que les tendances haussières sur le long terme se sont toujours confirmées et que votre patience sera toujours récompensée !

Vous souhaitez perfectionner vos investissements ? Retrouvez notre guide complet « Comment bien investir en bourse ? »