Les SCPI sont très pratiques pour investir dans l’immobilier sans devoir assumer vous-même les contraintes de la gestion locative. Mais qu’en est-il de leur fiscalité ? Comment les SCPI sont-elles imposées et comment réduire la facture ? On fait le point dans cet article.

Vous souhaitez investir dans l’immobilier mais vous hésitez sur le type de placement ? Retrouvez notre guide pour investir dans l’immobilier avec un comparatif à la clé !

Les SCPI sont soumises à différents impôts

Une SCPI est une Société Civile de Placement Immobilier qui investit dans un parc d’immeubles résidentiels, commerciaux ou de bureaux.

La société de gestion qui pilote la SCPI se charge à la fois de l’acquisition, de la rénovation, de l’entretien, de la valorisation et de la mise en location des lots. Cette activité entraîne plusieurs catégories de revenus :

  • les revenus fonciers, issus de la perception des loyers – ce sont les principaux revenus ;
  • des revenus financiers, issus des placements de trésorerie ;
  • des plus-values immobilières, issues de la revente de certains biens ;
  • et une plus-value potentielle lors de la revente de vos parts.

Ces revenus ont un traitement fiscal différent.

N’oubliez pas non plus que vos parts de SCPI sont soumises à l’IFI (Impôt sur la Fortune immobilière). Enfin, sachez que dans certains cas de figure, l’acquisition de parts de SCPI peut entraîner des droits d’enregistrement : commençons par ce point.

Fiscalité à l’acquisition des parts de SCPI

Lorsque vous souscrivez à des parts de SCPI, des frais d’entrée sont à prévoir, mais pas de frais de notaire ni aucun droit d’enregistrement.

En revanche, si vous faites l’acquisition de parts de SCPI sur le marché secondaire, vous devrez vous acquitter d’un droit d’enregistrement de 5% sur la base du prix de la part. Dans ce cas, vous évitez toutefois de payer les frais de souscription.

La plupart des SCPI sont des sociétés à capital variable, de sorte que le marché secondaire est quasiment inexistant : c’est la société de gestion qui réintègre vos parts lorsque vous souhaitez vous en débarrasser. Sauf cas spécifiques, vous n’aurez donc pas de frais de notaires ou de droits d’enregistrement à prévoir.

Pour vous simplifier la tâche, au moment de la déclaration d’impôt, les SCPI vous transmettent directement les montants à déclarer à l’administration fiscale. Pas d’inquiétude : tout est indiqué, des sommes à inscrire en passant par les cases à remplir.

Fiscalité sur les revenus de la SCPI

Les SCPI génèrent deux types de revenus : des revenus fonciers et, dans une moindre mesure, des revenus financiers. En effet, lorsque la SCPI bénéficie d’un surplus de trésorerie, elle peut placer ses liquidités jusqu’à ce qu’une opportunité immobilière se présente, et générer ainsi des intérêts.

Les revenus financiers

Concernant les revenus financiers, c’est très simple : c’est le prélèvement forfaitaire unique (PFU) qui s’applique, soit 12,8% au titre de l’impôt et 17,2% pour les prélèvements sociaux.

Si les revenus de votre foyer sont faibles, il peut s’avérer plus avantageux d’opter pour l’imposition à l’IR. Toutefois, dans ce cas, la totalité des revenus financiers de votre foyer devra également être imposée à l’IR.

Les revenus fonciers

Les revenus fonciers sont soumis à l’impôt sur le revenu, selon les mêmes modalités que pour un investissement locatif en direct. Vous pouvez donc choisir entre deux types de régimes d’imposition :

  • le micro-foncier ;
  • ou le régime réel.

Avant de détailler ces deux situations, notez que dans tous les cas, les loyers sont soumis aux prélèvements sociaux, à hauteur de 17,2%.

Fiscalité des loyers au régime du micro-foncier

Le régime micro-foncier ne sera valable que si vous percevez des loyers d’un bien immobilier non meublé, en sus de vos parts de SCPI.

Ce régime s’applique alors automatiquement lorsque vos revenus fonciers bruts sont inférieurs à 15 000€ par an. Dans ce cas, vos loyers restent soumis à l’IR, mais vous profitez d’un abattement forfaitaire de 30%. Autrement dit, vous ne payez l’impôt que sur 70% de vos revenus fonciers ! Cet abattement est censé représenter l’ensemble des charges qui pèsent sur vos investissements locatifs. 

Le régime micro-foncier ne peut pas être adopté dans le cadre de certains dispositifs de défiscalisation : monuments historiques loués, Malraux (ancien), Besson, Périssol, Robien, Borloo.

Fiscalité des loyers au régime réel

Si vous ne pouvez pas prétendre au régime micro-foncier, c’est le régime réel qui s’applique. Dans ce cas, les loyers de votre SCPI s’ajoutent simplement à vos autres revenus et sont soumis à l’impôt sur le revenu.

Cependant, le régime réel a un avantage : vous pouvez déduire vos charges. Mais de quelles charges parle-t-on dans le cas d’une SCPI ? N’espérez pas déduire les frais d’entrée. Dans les faits, vous ne pourrez déduire que les intérêts d’emprunt, dans le cas où vous achetez vos parts de SCPI à crédit, et c’est déjà pas mal !

Quand choisir le régime réel ou le micro-foncier ?

Le régime réel et le régime micro foncier présentent chacun des avantages et des inconvénients. En règle générale, préférez opter : 

  • Pour le micro foncier, lorsque vous êtes éligible et que vous achetez cash les parts de SCPI, sans recours au crédit bancaire.
  • Pour régime réel dans les autres cas de figure. En effet, si vous investissez à crédit, il se pourrait bien que vos intérêts d’emprunt dépassent 30% du rendement de votre SCPI (pour une SCPI dont le rendement moyen est de 4,5%/an, le régime réel sera avantageux si vous empruntez à plus 1,35%/an).

La fiscalité à la revente de vos parts de SCPI

Des impôts et prélèvements sociaux sont également à prévoir au moment de la revente de vos parts. Attention à bien les anticiper pour éviter toute mauvaise surprise !

Le calcul de l’impôt sur la plus-value

La cession des parts de SCPI relève de l’imposition des plus-values immobilières. Le montant imposable est la différence entre le prix de revente et le prix d’achat, frais d’entrée inclus (vous ne payez donc pas d’impôts sur les frais). Puis :

  • la plus-value est imposée à hauteur de 19% ;
  • auxquels s’ajoutent 17,2% de prélèvements sociaux.

Néanmoins, selon la durée de détention des parts, des abattements sont à prévoir.

Les abattements pour durée de détention

Un abattement s’applique pour chaque année de détention. Les plus-values sont ainsi exonérées d’impôt après 22 ans de détention, et exonérées de prélèvements sociaux après 30 ans.

Le tableau ci-dessous donne les montants des abattements par année de détention :

Nombre d’années de détentionImpôt : abattement applicable pour chaque année de détention.Prélèvements sociaux : applicable pour chaque année de détention.
0 à 5 ans0%0%
6 à 21 ans6% par an1,65% par an
la 22ème année révolue4% par an1,60% par an
Après 22 ansexonération9%
Après 30 ansexonérationexonération
Abattements selon les années de détention des parts de SCPI

Par exemple, si vous revendez vos parts après 10 ans de détention, vous profitez d’un abattement de 30% avant l’imposition de la plus-value et 8,25% d’abattement avant application les prélèvements sociaux.

Comment réduire la fiscalité des SCPI ? 

En définitive, la fiscalité des SCPI n’est pas vraiment attractive, surtout si votre tranche marginale d’imposition est élevée, car la majorité des revenus – ceux issus des loyers – sont soumis à l’IR.

Néanmoins, deux solutions peuvent vous permettre de réduire la fiscalité de vos SCPI.

1 – Acheter des SCPI au sein d’une assurance-vie 

Certains contrats d’assurance-vie vous permettent d’investir dans des SCPI. Dès lors, la fiscalité (très avantageuse) de l’assurance-vie s’applique sur vos gains, quel que soit le type de revenus dégagés par la SCPI.

Si vous souhaitez avoir le détail de la fiscalité de l’assurance-vie, nous vous recommandons la lecture de notre article dédié. Sinon, retenez que :

  • vous ne payez pas de taxe tant que vous ne faites pas de retraits ;
  • les gains sont soumis au PFU de 30%, prélèvements sociaux inclus ;
  • après 8 ans de détention, vous profitez d’une imposition réduite et d’un abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € si vous êtes en couple.

2 – Investir dans une SCPI en nue-propriété

Si vous ne souhaitez pas investir via une assurance-vie, une autre solution est d’acheter des parts de SCPI en nue-propriété. Cela présente plusieurs avantages :

  • vous achetez avec une décote significative ;
  • vous ne percevez pas de revenus fonciers le temps du démembrement, vous n’avez donc rien à déclarer ;
  • à la revente des parts, la fiscalité du remembrement est aussi avantageuse. L’assiette fiscale se compose du prix de la revente en pleine propriété moins la valeur du bien en pleine propriété à la date d’acquisition de la nue propriété. Ce qui veut dire que vous ne payez pas d’impôt lorsque vous récupérez le montant de la décote. 
  • vos parts de SCPI en nue-propriété ne sont pas soumise l’IFI, seul le détenteur de l’usufruit en est redevable.

Les SCPI en nue-propriété peuvent donc être très intéressantes, surtout si vous êtes fortement fiscalisé par ailleurs. Pour en savoir plus, retrouvez notre article dédié aux SCPI en démembrement.

Références juridiques : Article 239 nonies du Code Général des Impôts.