471 : c’est le nombre de niches fiscales en France ! Il serait quelque peu fastidieux de vous les présenter toutes, alors nous avons sélectionné celles qui présentent le plus d’intérêt en immobilier et en finance, pour les entreprises et pour les familles.

➡️ Tout d’horizon des principales niches fiscales en France !

Qu’est-ce qu’une niche fiscale ?

Une niche fiscale désigne un avantage fiscal attribué aux contribuables, qui permet, sous certaines de réduire votre imposition.

  • On parle de niche fiscale horizontale lorsqu’elle est conditionnée à un investissement. C’est le cas par exemple de la loi Denormandie.
  • À l’inverse, la niche fiscale verticale n’est pas corrélée à un investissement, mais de plein droit. Par exemple, l’exonération d’imposition des intérêts des livrets réglementés.

➡️ La niche fiscale peut prendre la forme d’un crédit d’impôt, d’une réduction d’impôt, d’une déduction, d’une exonération… On l’a dit, la France compte plus de 450 niches fiscales, soit le nombre le plus élevé des pays du G7. Le tome II de chaque projet de Loi de finances en dresse la liste. Cumulées, elles représentent un manque à gagner de 91 milliards pour l’État.

Mais il ne faut pas voir que le coût pour l’État. Les niches fiscales poursuivent plusieurs objectifs comme soutenir l’emploi ou un secteur de l’économie, favoriser la croissance des entreprises, ou encore compenser la charge de famille.

Quels sont principales niches fiscales en France ?

Les niches fiscales immobilières

Niche fiscales immobilières

Voici les principales niches fiscales immobilières dont vous pouvez profiter en tant qu’investisseur individuel :

  • Loi Pinel : le dispositif Pinel propose une réduction d’impôt de 12, 18 ou 21 % pour un investissement immobilier, en contrepartie d’un engagement de location de 6, 9 ou 12 ans. Vous devez investir dans un bien immobilier neuf, dans une zone éligible, et le louer en respectant un plafond de ressources pour le locataire et un plafond de loyers. Plafond d’investissement : 300 000 euros par an ;
  • Loi Denormandie : le dispositif Denormandie fonctionne selon le même principe que le Pinel, mais en investissant dans un logement ancien avec travaux ;
  • Loi Malraux : vous devez acheter un immeuble à rénover dans son intégralité. En contrepartie d’une location obligatoire de 9 ans, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt de 22 ou 30 % du montant des travaux, en fonction de la zone géographique. Plafonnement de l’avantage fiscal à 400 000 euros sur 4 ans ;
  • Loi Monuments Historiques : vous achetez et rénovez un immeuble classé. Sous conditions, les travaux sont déductibles du revenu global sans limitation de montant. Il faudra alors non pas louer le bien, mais le conserver pendant au moins 15 ans ;
  • Loi Censi-Bouvard : vous obtenez une réduction d’impôt de 11 % et pouvez récupérer la TVA à 20 %, à condition d’acheter et de louer pendant 9 ans un logement meublé situé dans une résidence avec services. Plafond d’investissement : 300 000 euros par an ;
  • Loc’Avantages : vous louez un logement en location nue, pendant 6 ans minimum, à un locataire aux ressources modestes et moyennant un loyer inférieur à celui du marché local. Vous obtenez en contrepartie une réduction d’impôt allant de 15 à 65 % ;
  • Loi Girardin social : destiné à soutenir l’investissement immobilier en outre-mer, le dispositif Girardin social offre une réduction d’impôt one shot (en une seule fois). Celle-ci peut aller jusqu’à 125 % de votre mise de départ ;
  • Le statut LMNP : le loueur en meublé non professionnel peut déduire l’intégralité de ses charges d’exploitation et pratiquer des amortissements. De cette manière, il peut diminuer les loyers imposables, et, partant, réduire ses impôts ;
  • FIP / FCPI : ces fonds spécialisés dans l’immobilier permettent de défiscaliser chaque année 25 % du montant investi, dans une limite de 12 000 euros pour un célibataire, le double pour un couple ;
  • Groupements forestiers : la défiscalisation consiste ici en une réduction d’impôt de 18 % du prix d’acquisition des parts du groupement ;
  • SCPI fiscale : il peut s’agir d’une SCPI de défiscalisation, où vous profitez d’une réduction d’impôt au titre par exemple de la loi Pinel, ou d’une SCPI de déficit foncier. Vous investissez indirectement dans l’immobilier locatif, en achetant des parts de SCPI ;
  • Déficit foncier : en location nue, vous pouvez déduire certaines charges des revenus fonciers. Lorsqu’elles sont supérieures aux loyers, vous créez un déficit foncier, qui s’impute et se reporte sur le revenu global jusqu’à 10 700 euros (hors intérêts d’emprunt et fraction de déficit supérieur à 10 700 euros, imputables et reportables dans la catégorie des revenus fonciers).

Les niches fiscales financières

Niche fiscale financière

Voici les principales niches fiscales dont vous pouvez profiter en tant qu’épargnant :

  • Plan d’épargne retraite : l’avantage consiste en une déduction fiscale. Vous pouvez déduire les versements sur le PER de votre revenu imposable, avec un plafonnement variable selon si vous êtes salarié ou travailleur indépendant ;
  • Assurance vie : elle propose plusieurs avantages fiscaux, comme une exonération de droits de succession pour le bénéficiaire (jusqu’à 152 000 euros) et un abattement forfaitaire sur les intérêts d’un contrat de plus de 8 ans ;
  • PEA : à partir de 5 ans de détention du plan d’épargne en actions, vous êtes exonéré d’impôt sur le revenu (12.8 %) ;
  • Dons aux organismes : vous bénéficiez d’une réduction d’impôt de 66 % ou 75 %, appliquée sur le montant du don ;
  • Livrets réglementés : les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ;
  • Défiscalisation SOFICA : elle permet une réduction d’impôt de 30 % du montant de l’investissement, avec un plafond de 18 000 euros.
  • L’investissement dans des PME : qui permet de déduire de 18% à 25% de la somme investie. Pour ce faire, vous pouvez soit investir en direct, via une plateforme de crowdfunding, ou encore via un fonds d’investissement dédié dans le private equity (FCPI ou un FIP.)

Les niches fiscales liées à la famille

Niches fiscales de la famille

Voici les principales réductions d’impôt dont vous profitez déjà en tant que famille, ou dont vous pourriez tirer profit à l’avenir :

  • Quotient familial : il consiste à prendre en compte la charge de famille, en créant des parts ou demi-parts supplémentaires. Celles-ci permettent de réduire le revenu imposable en vous mariant, en vous pacsant ou grâce à vos enfants ;
  • Frais de garde d’enfant : vous avez droit à un crédit d’impôt de 50 % des dépenses pour la garde ;
  • Hébergement / aide personne dépendante : vous bénéficiez d’une réduction d’impôt de 25 % appliquée sur les dépenses, avec un plafond de 10 000 euros ;
  • Emploi à domicile : vous bénéficiez d’un crédit d’impôt de 50 % sur le montant des dépenses, avec un plafond de 12 000 euros par an.

Les niches fiscales pour les entreprises

Niche fiscale entreprise

Les entreprises ne sont pas en reste. D’ailleurs, les niches fiscales à leur disposition représentent un coût non négligeable pour l’État. Voici in certain nombre d’entre elles :

  • Réduction du taux d’IS : les PME  qui réalisent moins de 10 millions de chiffre d’affaires sont taxés au taux réduit de 15 % sur la fraction de bénéfices allant jusqu’à 38 120 euros ;
  • Exonération de cotisations sociales : en bénéficient les entreprises de 50 salariés maximum implantées dans les zones de revitalisation rurale. Il s’agit ici à proprement parler d’une niche sociale ;
  • Exonérations de plus-values de cession professionnelles : hors immobilier, l’exonération est totale si la valeur des biens est inférieure à 500 000 euros, partielle entre 500 000 et un million d’euros ;
  • CIR : il permet aux entreprises de déduire de leur bénéfice 30 % des dépenses de recherche et développement inférieures ou égales à 100 millions d’euros, 5 % au-delà.

Le plafond global des niches fiscales

🚨 Attention, vous ne pouvez pas toujours cumuler les avantages fiscaux offerts par ces différentes niches. Pour éviter un trop grand effet d’aubaine, le Code général des impôts prévoit un plafonnement global des niches fiscales : 10 000 euros de réduction d’impôts par an et 18 000 euros dans certains cas. En d’autres termes, vous ne pouvez pas défiscaliser grâce aux niches pour un montant supérieur à celui du plafonnement.

Toutefois, certaines niches fiscales n’entrent pas dans le calcul du plafonnement global des niches fiscales, comme :

  • les lois Malraux ou Monuments Historiques,
  • la déduction fiscale du PER,
  • l’investissement dans des PME en direct.

Tableau récapitulatif des niches fiscales

Le tableau suivant donne un récapitulatif des principales niches fiscales des particuliers en France :

Niche fiscale Nature de la défiscalisation Montant maximum de la défiscalisation Inclus dans le plafonnement des niches fiscales (oui, non) Observations
Loi Pinel Réduction d’impôt 63 000 euros Oui 12 à 21 % de réduction d’impôt sur un investissement de 300 000 euros
Loi Denormandie Réduction d’impôt 63 000 euros sur 12 ans Oui 12 à 21 % de réduction d’impôt sur un investissement de 300 000 euros
Loi Malraux Réduction d’impôt 400 000 euros sur 4 ans Non 22 % ou 30 % de réduction d’impôt sur les dépenses de travaux
Loi Monuments Historiques Déduction fiscale  / Non Déduction des dépenses de restauration > réalisation d’un déficit foncier imputable sur le revenu global (sous conditions)
Censi-Bouvard Réduction d’impôt Récupération TVA 33 000 euros TVA à 20 % Oui Réduction d’impôt de 11 % sur un investissement maximal de 300 000 euros
Girardin social Réduction d’impôt 60 000 euros Oui Réduction d’impôt 120 % du montant investi, en une fois. Investissement à fonds perdus (le capital n’est pas récupéré)
Statut LMNP Déduction fiscale / Non Déduction des charges et amortissements>déficit reportable 6 ans
Déficit foncier Déduction 10 700 euros par an Non Déduction de certaines charges >déficit foncier imputable et reportable sur le revenu global (sous conditions)
PER Déduction Plafonds PER variables en fonction du statut salarié ou indépendant Non Déduction versements annuels des revenus imposables
Assurance vie  Abattement    Exonération de droits de succession  4 600 euros personne seule, 9 200 euros couple Jusqu’à 152 000 euros par bénéficiaire Non Détention du contrat d’au moins 8 ans    Versements effectués avant 70 ans
PEA Exonération IR sur intérêts 225 000 euros Non Détention du contrat d’au moins 5 ans
Dons aux organismes Réduction d’impôt Variable selon l’organisme Oui Taux de réduction de 66 ou 75 % sur le montant de l’investissement
Livrets réglementés Exonération IR et prélèvements sociaux Montant maximum selon livret Non Taux d’intérêt déterminé par l’État
Réduction du taux d’IS Imposition des bénéfices au taux réduit de 15 % 32 180 euros Non concerné Réservée aux PME réalisant un CA de moins de 100 millions d’euros
Exonération cotisations sociales Exonération totale ou partielle selon le montant du salaire, pendant 12 mois  2.4 fois le SMIC Non concerné Réservée aux entreprises en zone de revitalisation rurale
Plus-values de cession professionnelles Exonération totale ou partielle selon le montant de la plus-value 1 million d’euros Non concerné Hors immobilier
Quotient familial Réduction d’impôt / Non Dépend de la situation matrimoniale et du nombre d’enfants
Frais de garde Crédit d’impôt 2 300 euros par enfant Oui Jusqu’aux 6 ans de l’enfant Crédit d’impôt 50 % des dépenses
Hébergement / aide personne dépendante Réduction d’impôt 10 000 euros par personne dépendante Oui Réduction de 50 % des dépenses engagées
Emploi à domicile Crédit d’impôt 12 000 euros Oui Crédit d’impôt de 50 % des dépenses
Les principales niches fiscales en France