Sur les 500 milliards d’euros de trésorerie que possèdent les entreprises françaises, 300 milliards ne sont pas placés ! Conserver la trésorerie de son entreprise sur un compte courant est compréhensible quand les intérêts sont faibles et que les perspectives économiques sont incertaines. En revanche, lorsque les taux augmentent et que l’inflation accélère, il devient indispensable de placer ses liquidités.
Au-delà de protéger la trésorerie de votre entreprise de l’inflation, un placement judicieux pourra même permettre de dégager des résultats avantageux.
➡️ Comment et où placer la trésorerie de votre entreprise ? Réponses dans notre guide.
Ce guide concerne l’ensemble des personnes morales qui ont de la trésorerie à faire fructifier : entreprises mais aussi associations, fondations, holdings patrimoniales ou encore acteurs institutionnels.
Le tableau comparatif des placements dédiés aux entreprises
Pour avoir une vision d’ensemble, voici le tableau comparatif des différentes solutions de placement de trésorerie ainsi que leurs caractéristiques. On détaille ces placements par la suite.
| Compte rémunéré | Compte à terme | Contrat de capitalisation | SCPI | SCPI en usufruit | Obligations (via compte titre) | Actions (via ETF sur compte titre) | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pour qui | Toutes les personnes morales | Toutes les personnes morales | Les organismes sans but lucratif Les sociétés patrimoniales | Toutes les personnes morales | Toutes les personnes morales | Toutes les personnes morales | Toutes les personnes morales |
| Risque | Aucun | Aucun | Fonds euros : aucun Unités de compte : variable | modéré | modéré | modéré | élevé |
| Horizon de placement | Court terme | 6 mois à 5 ans | 2 ans et plus | 5 ans et plus | 3 ans et plus | 1 à 8 ans | 8 ans et plus |
| Rendement | 0,5% à 2% | 1,5% à 3% | Fonds euros : 1 à 3% Unités de compte : variable (en fonction des supports) | 4 à 6% | 5 à 8% | 3 à 8% | 8,5% en moyenne |
| Liquidité | Immédiate | 32 jours | 30 jours | de quelques jour à quelques mois | Illiquide | Immédiate | Immédiate |
| Fiscalité | I.S. | I.S. | I.S. | I.S. | I.S. | I.S. | I.S. |
| Frais | Aucun | Aucun | Frais importants (frais d’entrée, de gestion et d’arbitrage) | Frais importants (en particulier les frais d’entrée) | Frais non imputés sur la rentabilité | Faibles | Faibles |
| Placement minimum | > 10 € | > 1 000 € | > 10 000 € | > 1 000 € | > 1 000 € | > 1 000 € | > 10 € |
| Avantages | ✅ Accessible à tous ✅ Sécurisé ✅ Facile, pas de gestion | ✅ Accessible à tous ✅ Sécurisé | ✅ Sécurisé avec le fonds euro ✅ Performant avec les unités de compte ✅ Non plafonné ✅ Gestion pilotée disponible | ✅ Accessible à tous ✅ Offre importante ✅ Économie fiscale si les biens sont situés à l’étranger | ✅ Meilleur rendement que la SCPI ✅ Économie fiscale grâce à l’amortissement du placement ✅ Économie fiscale si les biens sont situés à l’étranger | ✅ Performance à moyen terme ✅ Peu de frais | ✅ Performance à long terme ✅ Peu de frais |
| Inconvénients | ❌ Peu rémunérateur | ❌ Plafonné (à plusieurs dizaines de millions d’euros) | ❌ Difficilement accessible aux sociétés commerciales et industrielles ❌ Frais en cas de rachat du fonds euros (jusqu’à 4%) | ❌ Frais élevés ❌ Délais de jouissance de 3 à 6 mois | ❌ Illiquide ❌ Offre rare ❌ Délais de jouissance de 3 à 6 mois | ❌ Risque de perte en capital | ❌ Risque de perte en capital |
| Meilleures solutions | ⭐ Revolut Business ⭐ Vivid ⭐ Qonto | ⭐RiverBank ⭐Swaive | ⭐Linxea Spirit Capitalisation 2 | ⭐Iroko Zen ⭐Corum Origin ⭐Optimale | ⭐Corum Origin ⭐Corum XL | ⭐Interactive Brokers ⭐Bourse Direct | ⭐Bourse Direct ⭐Interactive Brokers ⭐Yomoni |
Placer sa trésorerie sur un compte pro rémunéré

Alors qu’il avait disparu lorsque les taux d’intérêt étaient quasi nuls, voire négatifs, le compte courant rémunéré fait son retour. Y compris chez les banques pro en ligne.
Qu’est-ce qu’un compte pro rémunéré ?
Un compte pro rémunéré est un compte courant, ou assimilé, qui vous verse régulièrement des intérêts, en fonction de la somme présente dessus.
Je dis « ou assimilé », car chez certains comme Qonto vous avez uniquement un compte courant et pas d’argent à déplacer, alors que chez Vivid le « Compte Intérêts » est à part. Vous devez effectuer des versements dessus, que vous pouvez retirer à tout moment, à l’image d’un Livret A.
📅 Dans certains établissements le versement des intérêts s’effectue à une fréquence quotidienne, chez d’autres c’est mensuel ou annuel. Pensez à bien vérifier avant de souscrire à quoi que ce soit.
Comment choisir son compte professionnel rémunéré ?
Pour vérifier que vous choisissez le compte pro rémunéré qui répond le mieux à vos attentes, je vous conseille de vérifier ces quelques points :
- Performance : début 2026, vous pouvez espérer 2% de taux d’intérêt brut (net de frais, avant impôts), et même 4% pendant quelques mois dans le cadre d’offres promotionnelles.
- Plafond : il n’est pas le même en fonction des acteurs. Chez Revolut Business vous pouvez aller jusqu’à 10 millions d’euros. Chez Qonto, vous êtes limité à 200 000€ maximum.
- Fréquence de versement : Vivid ou Revolut Business versent vos intérêts quotidiennement, tandis que le Livret Excédent Pro du Crédit Agricole verse vos 1% d’intérêts… à la fin de l’année uniquement.
- Sécurité : vérifiez que vous confiez votre argent à des acteurs solides et que votre capital est bien garanti.
Le compte pro rémunéré est indiqué pour faire travailler votre trésorerie à court terme. Si vous avez de la trésorerie que vous pouvez placer sur 6 mois ou plus, mieux vaut la placer sur des supports plus rémunérateurs.
Quel compte pro rémunéré choisir ?
En s’appuyant sur les critères évoqués ci-dessus, j’ai sélectionné 3 comptes pro rémunérés :
80€ offerts !
2 mois gratuits !
3 mois gratuits !
Revolut Business qui verse du 2% annuel brut quel que soit votre abonnement, avec un plafond élevé.
Le compte pro Vivid qui rémunère le mieux la trésorerie des indépendants, jusqu’à 2,7% pour les abonnés Pro+
La banque en ligne professionnelle Qonto où vous avez juste à actionner la fonctionnalité. Pas d’allers-retours à faire entre compte courant et compte épargne. Elle verse entre 1% et 2% en fonction de votre abonnement.
Placer sa trésorerie d’entreprise sur un compte à terme

Boudé ces dernières années, le compte à terme connaît un regain d’intérêt avec la remontée des taux. Il est même devenu (ou redevenu) un placement star pour les entreprises qui cherchent une combinaison optimale entre rentabilité, sécurité, flexibilité et efficacité pour leur trésorerie.
Qu’est-ce qu’un compte à terme ?
Un compte à terme (ou dépôt à terme) est un placement sans risque à un taux déterminé et sur une période définie. En contrepartie d’un placement garanti et d’un meilleur taux, le titulaire du compte s’engage à bloquer les fonds sur la durée convenue. Par exemple, il peut s’agir d’un placement à 12 mois au taux fixe de 2,6% ou d’un placement à 18 mois au taux fixe de 3,0%.
Voici les principales caractéristiques généralement précisées sur un compte à terme :
- Le montant minimum et maximum du dépôt : il est possible d’ouvrir plusieurs comptes à terme pour pallier un éventuel plafond.
- Les conditions de versement du dépôt : en général, le versement du dépôt s’effectue en une fois à l’ouverture du compte.
- La durée du placement : elle est généralement comprise entre 6 mois et 5 ans.
- La rémunération du dépôt : le taux d’intérêt peut être fixe, progressif ou variable. En outre, les intérêts peuvent être versés mensuellement, trimestriellement, annuellement ou in fine (c’est-à-dire le jour du remboursement du dépôt). Si les intérêts sont versés in fine, ils sont alors capitalisés : ils génèrent eux-mêmes des intérêts les périodes suivantes.
- Les conditions de retrait ou de débouclage du contrat en cas d’imprévu. Un retrait anticipé entraîne généralement la clôture du compte ainsi qu’une baisse du taux de rémunération initialement fixé.
Notez qu’en matière de fiscalité, les intérêts du compte à terme sont soumis à l’impôt sur les sociétés (IS).
Nous vous recommandons d’ouvrir plusieurs comptes à terme plutôt qu’un seul : en cas de retrait anticipé vous n’aurez pas à tout clôturer. Par exemple, il est préférable d’ouvrir 4 comptes à terme de 50 000 € plutôt qu’un seul compte à terme de 200 000 €. Si jamais vous aviez un besoin non anticipé de 30 000 €, la clôture d’un seul compte sera suffisante et les 150 000 € restants pourront rester investis aux conditions déjà négociées.
Comment choisir son compte à terme ?
Cela va vous paraître évident mais le meilleur compte à terme est d’abord celui qui propose le meilleur taux. En effet, le compte à terme ne supporte aucuns frais : exit les frais de dossier, d’ouverture, de gestion, de versement ou encore de fermeture. En conséquence, la rémunération du dépôt (via les intérêts perçus) devient le critère central dans son choix de placement.
🚨 Pour comparer des offres à des conditions différentes, le taux nominal ne suffit pas. En effet, les taux nominaux ne permettent pas de dire si une offre sur 5 ans à 3% (intérêts capitalisés) est meilleure qu’une offre à 2% avec une progression annuelle de 0,5 point par an (intérêts non capitalisés).
✅ Pour comparer des offres à des conditions différentes, il faut analyser leur Taux de Rendement Annuel Actuariel Brut (TRAAB). En effet, le TRAAB annualise le rendement d’un placement (en le rapportant à une année) et l’actualise (en prenant en compte le versement des intérêts et leur capitalisation). Ainsi, vous êtes assuré que tout compris, un placement au TRAAB de 3% est meilleur qu’un placement au TRAAB de 2,8%. Vigilance toutefois sur les conditions de sortie anticipée (qui implique une baisse du taux) : elles peuvent être déterminantes dans le choix de votre placement entre deux offres similaires.
N’hésitez pas à négocier les conditions de votre offre et à mettre différentes banques en compétition afin d’obtenir les meilleures conditions de placement. Sachez que les clauses d’un compte à terme ne sont jamais gravées dans le marbre.
Quel compte à terme choisir ?
La plupart des banques françaises proposent des comptes à terme. Hélas, les conditions sont inaccessibles en ligne et varient régulièrement. Voici notre sélection de compte à terme en ligne :
✅ Parmi les offres consultables sur Internet, le compte à terme de RiverBank est le plus performant. Accessible à partir de 10 000€, vous bénéficiez d’un taux boosté si vous placez plus de 250 000€. Celui-ci s’élève à 2,60% pour 1 an et 3% pour une durée de 3 ans.
➡️ Toutes les infos sur Riverbank ici.
✅ Swaive est une bonne alternative à RiverBank avec des taux relativement similaires. Swaive est une startup spécialisée dans l’épargne sans risque. Elle a noué des partenariats avec plusieurs banques afin de vous présenter des comptes à terme compétitifs. L’expérience utilisateur est fluide et efficace. Le minimum de versement est toutefois de 200 000 €.
➡️ Découvrez l’offre de Swaive ici.
Placer sa trésorerie d’entreprise dans une SCPI
Une SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) est une société qui possède et gère des biens immobiliers destinés à la location. Les biens de la SCPI peuvent être des bureaux, des locaux commerciaux, de l’immobilier résidentiel ou encore des infrastructures logistiques. Lorsqu’un investisseur achète des parts d’une SCPI, il devient propriétaire d’une partie de son patrimoine immobilier. En conséquence, l’investisseur bénéficie des revenus locatifs ainsi que de la revalorisation des biens dans le temps.

➡️ En résumé, investir dans une SCPI c’est investir simplement et rapidement dans une multitude de biens immobiliers sans en supporter les contraintes (les gérants de la SCPI s’occupent de tout).
Les SCPI sont de plus en plus populaires auprès des épargnants particuliers. Et pour cause, les SCPI présentent un risque modéré et affichent des rendements stables et relativement attrayants, compris entre 4% et 7%. Toutefois peu d’entreprises y pensent pour leur trésorerie ; c’est dommage !
Quand placer sa trésorerie dans une SCPI (en pleine propriété) ?
Placer la trésorerie de votre entreprise dans une SCPI s’avère judicieux si :
- vous souhaitez investir à long terme. En effet, beaucoup de SCPI imposent des frais d’entrée. Or, pour amortir ces frais, il est nécessaire de conserver les SCPI dans la durée. Il existe toutefois quelques SCPI sans frais d’entrée mais celles-ci prévoient généralement une pénalité de sortie « anticipée » avant 3 ans par exemple.
- vous souhaitez prendre un risque modéré (mais un risque quand même). L’immobilier est réputé « solide » et « peu risqué ». Et il est vrai que dans 90% des cas cela se passe très bien. Cependant, lorsque le marché se grippe, il n’est pas rare de voir certaines SCPI faire face à des vagues de retraits. Dans ces cas-là, une SCPI peu être contrainte de dévaloriser le prix de sa part et de bloquer les retraits, au moins temporairement. Pensez à diversifier vos SCPI pour éviter cet écueil.
À mon avis, les SCPI en pleine propriété sont à envisager si vous avez un horizon de placement au moins supérieur à 5 ans
Si vous voulez un placement à court terme, les SCPI en usufruit seront bien plus adaptées. On en parle plus bas.
Bien choisir sa SCPI
L’offre de SCPI est pléthorique et toutes ne se valent pas. Pour bien choisir sa SCPI, le rendement est évidemment clé. Mais il faut aussi être vigilant sur la structure des frais, sa valeur de reconstitution, ou encore son taux d’occupation.
Sur cette base, Finance Héros a analysé l’ensemble des SCPI du marché. On vous donne notre top 3 des SCPI diversifiées. Pour avoir plus de choix, retrouvez notre classement complet avec plus d’une centaine de SCPI analysées.
SCPI à capital Variable gérée par EPSICAP REIM depuis octobre 2021.
- Rendement 2025 : 7.01%
- Secteur: Diversifiée
- Prix d’une part : 257 €
- Frais de souscription : 6%
- Frais de gestion : 12%
- Taux d’occupation : 99%
- Délais de jouissance : 5 mois
jusqu’à 5% de cashback
Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier et pensez à bien diversifier pour réduire les risques. Pour souscrire à plusieurs SCPI d’un seul coup, passez par des courtiers comme Louve Invest ou France SCPI !
Les SCPI en usufruit : l’astuce dédiée aux entreprises !
Jusqu’à présent, nous avons présenté les SCPI en pleine propriété. Mais vous pouvez aussi opter pour des SCPI en usufruit. Et, comme nous allons le voir, il y a des avantages fiscaux à la clé !
Pour rappel les droits de propriété d’un bien peuvent être démembrés (c’est-à-dire séparés) entre :
- Le droit à l’usage et aux fruits (l’usus et le fructus). Dans le cas d’une SCPI, cela correspond au droit de percevoir les loyers.
- Le droit de disposer (l’abusus). Dans le cas d’un bien immobilier, cela correspond notamment au droit de le conserver ou de le vendre.
Le démembrement d’une SCPI est temporaire, d’une durée fixée à l’avance généralement comprise entre 3 et 15 ans.

Lorsqu’une SCPI est temporairement démembrée :
- l’usufruitier (généralement une société) bénéficie des loyers de la SCPI, sans aucun droit de propriété sur le bien. L’usufruitier bénéficie donc de 100% des revenus de la SCPI. En outre, l’usufruitier :
- aura déboursé qu’une part de la valeur de la SCPI le jour de l’investissement,
- et peut amortir le montant du placement sur sa durée de vie.
- le nu-propriétaire (généralement un particulier) est le propriétaire de la SCPI mais il ne touche pas les loyers qui en sont issus. À la fin de la période de démembrement, le nu-propriétaire retrouve la pleine propriété de la SCPI (nue-propriété et usufruit). Le nu-propriétaire n’aura lui aussi déboursé qu’une fraction de la valeur de la SCPI le jour de l’investissement pour finalement récupérer la totalité à la fin de la période de démembrement.
La clé de répartition
La clé de répartition donne le partage des coûts entre l’usufruitier et le nue-propriétaire au moment de l’acquisition des parts. Sur 5 ans, le nu-propriétaire devra généralement débourser autour de 80% du prix de la part (et l’usufruitier 20%). Sur 10 ans on tombe à 65% environ. La clé de répartition varie à la marge en fonction du rendement de la SCPI notamment.
Notez que les différents frais chargés par la SCPI sont proportionnellement partagés entre usufruitier et nu-propriétaire.
Exemple
Prenons un placement dans une SCPI à horizon 5 ans avec un rendement de 6% en par an.
Si j’investis en pleine propriété (usufruit + nue-propriété) :
- J’investis 100 000 euros.
- Je perçois 6 000€ par an (soit 30 000 € sur 5 ans).
- Mon investissement net me rapporte 22 500€ net d’impôts (30 000 * 0,75 avec un taux d’IS à 25%).
Si j’investis en pleine propriété usufruit :
- J’investis 100 000 euros pour 5 fois plus de parts (grâce à la décote de 80% pour l’usufruit).
- Je perçois 30 000 € par an soit 150 000 € sur 5 ans.
- Mais je ne récupère pas le capital investi, ma plus-value est donc de 50 000 euros.
- Ce qui donne 37 500 euros net d’impôts (notez que le mécanisme d’amortissement permet ici de n’imposer que la plus-value et non la totalité des loyers perçus).
➡️ Dans cet exemple, l’usufruit est bien plus avantageux. Notez, en outre, que l’usufruitier perçoit plus vite le remboursement de son investissement.
❌ Mais qui dit plus rentable dit aussi plus risqué. En effet, le montant des loyers n’est pas assuré. lls sont toutefois assez prévisibles :
- le bail commercial classique est engageant pour le locataire sur des périodes successives d’au moins 3 ans.
- les SCPI peuvent utiliser leurs réserves (reports à nouveau) pour lisser la performance dans le temps ce qui diminue la volatilité du placement.
En outre, l’usufruitier ne profite pas de la potentielle revalorisation du prix des parts.
Le principal intérêt de la SCPI en usufruit est le caractère amortissable du placement. En effet, il vient diminuer la base du résultat imposable et permet une économie substantielle d’impôts. Comme seules les sociétés peuvent amortir, nous comprenons mieux pourquoi ce sont elles qui prennent l’usufruit dans les SCPI démembrées.
Si les biens sont situés à l’étranger, la société est redevable de la fiscalité en vigueur dans le pays de résidence (et plus à l’IS en France). En moyenne la fiscalité est de 19% en Europe. Ainsi vous pouvez faire, en moyenne, 6 points d’économie fiscale supplémentaire. Si vous souhaitez en savoir n’hésitez pas à consulter notre article sur les SCPI en usufruit.
Quelle SCPI en usufruit temporaire choisir ?
Techniquement, toutes les SCPI peuvent être démembrées. Néanmoins, il n’est pas facile d’en trouver. En effet :
- il faut identifier deux investisseurs qui acceptent d’un côté de prendre l’usufruit et de l’autre la nue-propriété (pour un montant qui convient au deux).
- certaines sociétés achètent systématiquement l’usufruit lorsqu’un nu-propriétaire se présente (ce qui crée un phénomène de rareté sur le marché).
Le plus simple est de passer par un courtier en placement spécialisé dans les SCPI à l’instar de Louve Invest et de Corum (dont toutes les SCPI sont disponibles en usufruit).
Voici quelques SCPI qu’on vous recommande pour l’usufruit, notamment grâce à leurs rendements élevés :
SCPI à capital Variable gérée par ALDERAN depuis décembre 2023.
- Rendement 2025 : 9.00%
- Secteur: Diversifiée
- Prix d’une part : 250 €
- Frais de souscription : 12%
- Frais de gestion : 13.2%
- Taux d’occupation : 99%
- Délais de jouissance : 6 mois
jusqu’à 5% de cashback
SCPI à capital Variable gérée par Arkea Reim depuis novembre 2022.
- Rendement 2025 : 7.60%
- Secteur: Diversifiée
- Prix d’une part : 202 €
- Frais de souscription : 12%
- Frais de gestion : 12%
- Taux d’occupation : 98%
- Délais de jouissance : 6 mois
jusqu’à 5% de cashback
Placer sa trésorerie dans un compte-titres entreprise

À la manière d’un particulier, une personne morale peut ouvrir un compte-titres société pour investir ses liquidités. Que ce soit des actions, des obligations, des matières premières ou encore des produits dérivés, une entreprise peut techniquement placer sa trésorerie là où bon lui semble et un compte-titres permet d’investir dans tous les produits boursiers.
La bourse présente trois avantages majeurs :
- De belles performances : sur le long terme, vous pouvez viser, en moyenne 8,5% par an.
- Une prise de risque modulable : selon que vous privilégiez les actions ou le marché obligataire ;
- Une liquidité instantanée : puisque vous pouvez revendre vos titres en quelques clics puis récupérer l’argent sur le compte de votre entreprise.
Si une entreprise peut potentiellement investir là où elle le souhaite, elle a en revanche deux contraintes. Tout d’abord, l’horizon de placement de sa trésorerie et généralement plus court que celui d’un particulier. Ensuite, toutes les entreprises n’acceptent pas une prise de risque élevée.
⤵️ Pour ces deux raisons, les placements obligataires seront souvent les plus adaptés aux entreprises commerciales.
Investir dans des obligations pour le court terme
Une obligation est un titre de créance émis par un État (bons du trésor et OAT) ou une entreprise qui s’échange sur les marchés financiers. Lorsque vous achetez une obligation, vous prêtez de l’argent à l’État ou l’entreprise en question. En retour, État ou l’entreprise s’engage à vous rembourser les fonds à une date convenue à l’avance (la date d’échéance), ainsi qu’à vous payer des intérêts réguliers (les coupons).
✅ Les obligations présentent trois avantages principaux :
- Les rendements sont connus à l’avance ;
- Elles sont peu volatiles. En cas de faillite de l’entreprise émettrice, les porteurs des obligations sont remboursés en priorité par rapport aux actionnaires ;
- Elles sont généralement moins risquées que les actions mais aussi moins performantes. Néanmoins, avec la remontée des taux initiée en 2022, les obligations sont de nouveau très attractives.
Par exemple, à l’heure où sont écrites ces lignes vous percevez :
- 2,7% pour une OAT française à 12 mois,
- 5,24% pour une obligation Iliad à échéance 24 mois,
- ou encore 6,42% pour une obligation Renault à échéance 12 mois.
Notez toutefois que pour être certain d’obtenir de tels rendements, il faut d’une part que l’État ou la société ne soit pas en défaut de paiement et, d’autre part, que vous gardiez l’obligation jusqu’à son échéance. En effet, si vous souhaitez récupérer votre argent avant l’échéance, il faut revendre l’obligation. Selon l’évolution des taux, vous réaliserez alors une plus ou moins value.
➡️ On vous explique comment passer à l’action dans notre article dédié : “Comment investir dans des obligations”.
Investir dans des actions pour le long terme
Si vous souhaitez placer la trésorerie de votre entreprise ou de votre holding patrimoniale sur le long terme, c’est-à-dire sur 8 ans, 10 ans, 15 ans ou plus, alors un placement en actions sera très certainement le plus pertinent et, en cas le plus rentable !
Investir en actions est un placement très rentable : + 8,5% en moyenne par an, ce qui vous permet de doubler votre mise de départ en moins de 10 ans. Néanmoins, votre placement est soumis à des fluctuations : votre investissement peut croître de +17 % une année et décroître de -11% l’année suivante. C’est pourquoi, le risque de perte en capital est non négligeable. Cependant si vous investissez sur le long terme, vous passerez les fluctuations passagères de court terme, votre risque diminuera et vous bénéficiez pleinement de la tendance haussière des marchés financiers.
Le graphique montre l’évolution de la Bourse américaine sur le long terme.

Le graphique est parlant. Dès lors qu’on prend le recul nécessaire, même les crises les plus importantes – comme celle des subprimes en 2008 – affectent peu la tendance haussière.
➡️ À condition d’avoir un horizon de long terme, l’investissement en bourse est une option rentable et efficace pour le placement des liquidités de votre entreprise.
Dans quels supports investir ?
Au sein de votre compte-titres, plusieurs options s’offrent à vous.
❌ L’achat d’actions de sociétés (stock picking)
C’est vous qui, selon votre appréciation, choisissez les titres dans lesquels vous investissez (Total, FDJ, Air Liquide, LVMH, etc.), les possibilités sont pléthoriques. Mais attention aux dangers du stock picking car investir par soi-même :
- nécessite de bien connaître les marchés ce qui nécessite du temps et de l’expérience ;
- empêche de diversifier de manière optimale son portefeuille ce qui accroît le risque de perte en capital.
❌ L’achat de fonds d’investissement ou OPCM
Il s’agit de paniers d’actions gérés par des professionnels de la finance. Eux ont des connaissances et du temps à consacrer au sujet. Mais attention aux frais de gestion facturés qui peuvent atteindre 2,5% par an. Par ailleurs, le rendement attendu n’est pas toujours au rendez-vous.
✅ L’achat d’ETF (Exchange Traded Fund ou trackers)
Un ETF est un fonds coté en bourse qui réplique un indice boursier. Par exemple, lorsque vous investissez dans un ETF CAC 40, votre performance sera celle du CAC 40 (à la hausse comme à la baisse). L’objectif d’un ETF est donc de capter la performance globale des marchés tout en diversifiant son portefeuille. Les ETF présentent de nombreux avantages :
- Ils sont diversifiés. Un ETF peut représenter plusieurs dizaines voire centaines de valeurs différentes ce qui vous protège de la volatilité des cours.
- Ils sont performants. La recherche académique a montré que les gérants de fonds n’arrivent pas à battre les marchés sur le long terme. Et, comme les trackers prélèvent moins de frais, ils sont en moyenne plus performants que les fonds traditionnels !
- Ils sont liquides. En quelques clics, vous revendez votre ETF pour récupérer vos liquidités. C’est un des avantages de la bourse.
- Les frais sont réduits. Les frais de gestion annuels s’élèvent à 0,25% vs 2,5% pour les OPCVM (et il n’y a pas de coûts cachés).
Quel compte-titres ouvrir pour une entreprise ?
Pour investir en bourse, vous devez nécessairement passer par l’intermédiaire d’un courtier en bourse (broker en anglais). Connecté aux places boursières, son rôle est de transmettre et exécuter vos ordres de bourse ainsi que de conserver vos titres financiers.
Pour obtenir les frais les plus faibles et les fonctionnalités les plus avancées, il vous faudra choisir un broker en ligne. En outre, tous les brokers ne proposent pas des comptes titres pour entreprises (aussi appelés comptes société).
Finance Héros a analysé l’ensemble des courtiers du marché et en a sélectionné quatre éligibles aux entreprises.
Voici les deux meilleurs en gestion libre (vous devez choisir vous-même les supports de votre choix)
300€ offerts
Et voici deux alternatives en gestion pilotées (c’est le gestionnaire qui pilote un portefeuille adapté au profil de risque souhaité) :
Transfert offert
500 € offerts
Placer sa trésorerie d’entreprise sur un contrat de capitalisation

Le contrat de capitalisation est l’équivalent de l’assurance vie pour les personnes morales. Il est d’ailleurs la seule enveloppe fiscale accessible aux personnes morales.
Qu’est-ce qu’un contrat de capitalisation ?
Un contrat de capitalisation est une enveloppe fiscale qui permet notamment aux personnes morales de réaliser des investissements financiers à moyen et long terme dans :
- des fonds euros, dont le capital est garanti et qui profitent d’un « effet cliquet » (c’est-à-dire qu’en plus du capital, les intérêts sont aussi définitivement acquis et génèrent eux-mêmes des intérêts d’années en années).
- des unités de compte, qui désignent l’ensemble des supports d’investissement hors fonds euros, cest-à-dire :
- des fonds d’investissement : OPCVM, SICAV ou FCP ;
- des ETF (Exchange Traded Fund ou trackers) qui sont des fonds indiciels cotés en Bourse et qui répliquent généralement des indices boursiers ;
- des fonds immobiliers (comme les SCPI, OPCI ou SCI) ;
- des produits structurés ;
- et des actions individuelles (titres vifs).
À l’image de l’assurance-vie :
- votre objectif de performance dépendra de votre appétence au risque et donc des supports choisis. Ainsi, les fonds euros sont sécurisés et peu rémunérateurs tandis que les unités de compte sont plus risquées mais plus rémunératrices ;
- vous pouvez abonder ou au contraire retirer vos fonds librement à des conditions fiscales bien précises.
Qui peut souscrire un contrat de capitalisation ?
Les contrats de capitalisation sont d’abord réservés :
- aux organismes de droit privé sans but lucratif, associations et fondations par exemple.
- aux sociétés qui ont pour activité principale la gestion de leur propre patrimoine mobilier et immobilier dont les associés sont soit des personnes physiques, soit des sociétés non soumises à l’impôt sur les sociétés, soit des sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés dont les associés seraient exclusivement des personnes physiques ou des sociétés non soumises à l’impôt sur les sociétés.
🚨 En principe, les contrats de capitalisation ne sont pas destinés aux sociétés commerciales, artisanales et industrielles. Cependant quelques établissements en proposent avec toutefois une interdiction d’investir sur les fonds euros.
Quelle fiscalité pour votre contrat de capitalisation ?
Le régime fiscal du contrat de capitalisation dépend de celui de la personne morale qui y souscrit.
Si la personne morale est soumise à l’impôt sur le revenu
Si la personne morale est soumise à l’IR, alors la fiscalité est la même que pour les personnes physiques. Or, cette fiscalité est identique à celle des contrats d’assurance-vie. En plus du fonds euro, c’est selon nous, c’est ici que réside le principal avantage d’un contrat de capitalisation par rapport au compte-titres.
Si la personne morale est soumise à l’impôt sur les sociétés
Si la personne morale est soumise à l’impôt sur les sociétés, la base annuelle de taxation du contrat est forfaitaire jusqu’au désinvestissement (même si le contrat n’est pas racheté pendant la période). La base d’imposition forfaitaire est égale à 105% du taux moyen d'emprunt d’État (TME) qui s’élève à 2,65% début 2023. Ainsi, le taux forfaitaire annuel s’élève à 2,78% (105%*2,65%) pour un contrat souscrit début 2023 (et ce taux n’évoluera pas tout au long de la durée de vie du contrat).
Exemple
Prenons comme hypothèse que votre entreprise est soumise à l’IS et qu’elle investit 1 000 000€ dans un contrat de capitalisation en janvier 2023. Alors, votre base d’imposition forfaitaire s’élèvera à 27.825€ (1 000 000€*105%*2,65%). Ainsi, cette base forfaitaire vient s’ajouter au résultat imposable de la société qui a souscrit le contrat.
➡️ Marginalement, le contrat sera imposé 6 956€ (27 825€*0,25) par an (taux d’IS = 25%). Le jour de votre désinvestissement (rachat), une régularisation sera faite en fonction de la plus-value effectivement réalisée.
Comment choisir son contrat de capitalisation ?
N’hésitez pas à comparer les produits disponibles sur le marché. Comme pour les contrats d’assurance-vie, les différences entre chaque contrat sont importantes tant sur les supports d’investissement que sur les frais appliqués.
Ainsi, soyez particulièrement vigilant sur :
- Les rendements historiques des contrats proposés ;
- La richesse des supports d’investissement proposés ;
- Les différents frais appliqués (frais d’entrée, frais de gestion ou encore frais d’arbitrage) ;
- Les pénalités en cas de rachat anticipé sur les fonds euros (qui peuvent atteindre 4%).
Sachez également que certains contrats proposent une gestion pilotée à l’instar de ce qui est généralement fait dans l’assurance-vie.
A quel contrat de capitalisation souscrire ?
Finance Héros a identifié un contrat de capitalisation particulièrement attractif. Il a l’avantage d’avoir ni frais d’entrée, ni frais d’arbitrage et est accessible en ligne.
⭐Linxea Spirit Capitalisation 2 dont les caractéristiques sont les suivantes :
- un fonds euro performant (+3,26% en 2025)
- une large gamme de supports d’investissement (ETF, SCPI, SCI et de nombreux fonds d’investissement classiques)
- des frais de gestion faibles (0,5% par an sur les unités de compte)
Toutefois ce contrat n’est pas accessible aux sociétés commerciales, libérales et artisanales et l’investissement minimum est de 50 000 €.
➡️ Découvrez le contrat de capitalisation de Linxea ici !
Pour une gestion pilotée, vous pouvez aussi trouver une alternative chez Ramify.
Les placements alternatifs
À côté des placements traditionnels, il existe une multitude de placements alternatifs. Ces placements alternatifs sont moins répandus mais pas moins intéressants.
Nous pouvons par exemple citer les cryptomonnaies. Ce placement propose des rendements potentiellement très intéressants mais est volatil et risqué. Mieux vaut avoir des liquidités disponibles à long terme pour laisser passer une potentielle crise. Sauf si vous optez pour un mandat de Tilvest, dont l’objectif de rendement annuel est de 10% net de frais, avec une faible volatilité. Pour plus d’infos, consultez notre avis sur Tilvest.
Nous pouvons également mentionner le crowdfunding. Le crowdfunding n’est pas réservé aux seuls particuliers, il est aussi ouvert aux entreprises désireuses de placer leurs excédents. Crowdlending, crowdequity ou crowdfunding immobilier, tout est possible avec des rapports risques/rendements pour tous les goûts.
Pour éviter toutes déconvenues, mieux vaut avoir une connaissance aiguë de ces sujets avant d’y investir, et aussi du temps à y consacrer.
Questions fréquentes
A priori, il n’existe aucune restriction. Cependant les statuts de la personne morale peuvent prévoir des restrictions. Certains statuts peuvent interdire le placement de trésorerie. D’autres statuts peuvent prévoir un niveau de risques maximum tolérable. Dans d’autres cas, le pacte d’associés ou certains éléments de gouvernance peuvent imposer des restrictions sur l’usage de la trésorerie de votre entreprise.
Les frais facturés par les brokers sont identiques pour les personnes physiques et morales (pour la majorité des courtiers).
L’ensemble des brokers que cite Finance-Héros sont agréés par les autorités compétentes. En cas de doute sur le courtier de votre choix, l’AMF met à jour une liste noire des sociétés et sites non autorisés : liste noire AMF