Définition d’un CDS

En finance, un CDS est un produit dérivé qui permet de se prémunir contre la défaillance d’une entreprise ou d’un État. CDS est l’acronyme de Credit Default Swap, qu’on pourrait traduire en français par « échange de risque de défaut ». Un CDS permet ainsi de s’affranchir du risque défaut qui plane sur une dette ou un crédit, en le transmettant à un autre investisseur.

En achetant un CDS portant sur une dette donnée, vous achetez, en quelque sorte, une assurance qui vous protège contre le fait que cette dette ne vous soit pas remboursée.

Le fonctionnement des CDS

Un CDS est un contrat dérivé conclu entre deux parties : l’acheteur, qui veut se couvrir contre le risque de défaut d’une créance ; le vendeur, qui joue le rôle de l’assurance. Les CDS ont trois principaux paramètres :

  • Le sous-jacent : il s’agit de l’actif sur lequel le CDS est adossé. Le plus souvent, le sous-jacent est une obligation d’État ou une obligation d’entreprise. Mais un CDS peut porter sur n’importe quel titre de créance. On pourrait, par exemple, conclure un CDS sur des crédits immobiliers.
  • La date d’échéance : c’est la date de validité du CDS. Tant que cette date n’est pas dépassée, l’assurance fournie par le contrat reste valable. Par commodité, la date déchéance du CDS est généralement identique à celle de l’obligation sous-jacente.
  • La prime : il s’agit du montant à payer pour pouvoir profiter de la protection du CDS. Les primes sont payées à échéances régulières, par exemple, tous les mois ou tous les trimestres.

En tant qu’acheteur du CDS, vous payez donc une prime régulière au vendeur. En contrepartie, si l’émetteur de l’obligation fait défaut, le vendeur de CDS vous paye :

  • le nominal de l’obligation qui ne vous a pas été remboursée ;
  • les intérêts de l’obligation qui aurait dû vous être versés jusqu’à l’échéance.

L’événement de crédit, qui déclenche le CDS, doit également être défini avec précision dans les clauses du contrat. Cela peut être :

  • la faillite de l’émetteur de l’obligation ;
  • un défaut de paiement ;
  • un moratoire ou une restructuration (accord d’un délai supplémentaire pour le remboursement de la dette).

Tout événement de ce type peut entrainer la résiliation du CDS avec l’obligation pour le vendeur de payer les « dommages et intérêts » à l’acquéreur. Afin d’éviter les contentieux sur l’interprétation des événements de crédit, l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA) a encouragé à une normalisation de leur définition.

L’utilité et l’usage des CDS

Les obligations – comme tous les titres de créance – présentent un risque de crédit : il est possible que l’emprunteur ne rembourse pas sa dette. Par ailleurs, les obligations ont des échéances de plusieurs années, parfois jusqu’à 30 ans. La solidité financière et la réputation de l’emprunteur peuvent ainsi progressivement se dégrader.

Les CDS sont donc très utiles pour les investisseurs qui gèrent des portefeuilles obligataires : les fonds d’investissement, les fonds de pension ou encore les sociétés d’assurance-vie. Ils leur permettent de se prémunir contre la dégradation d’un de leurs titres, de se couvrir contre le risque de défaut et d’éviter ainsi des pertes trop lourdes.

Mais, les CDS sont aussi utilisés par certains hedge funds pour parier sur la faillite d’une entreprise ou sur le défaut de certains titres obligataires. En effet, il n’est pas nécessaire de posséder l’obligation sous-jacente pour acheter un CDS.

À la fin des années 2000, Michael Burry (rendu populaire par le film The Big Short) a ainsi acheté des CDS sur un ensemble de crédits subprimes. Il avait estimé que ces crédits, contractés par des Américains en situation financière fragile, ne pourraient pas être remboursés dans leur intégralité. L’éclatement de la crise des subprimes, en 2007, donna raison à Burry, ce qui permit à son fonds spéculatif de générer une plus-value de plusieurs centaines de millions d’euros !