Une obligation est un titre de créance. Dit autrement, c’est un titre financier qui permet de matérialiser une reconnaissance de dette et les conditions de son remboursement. Les États se financent régulièrement en émettant des obligations, mais ce ne sont pas les seuls, les entreprises aussi font appel au marché obligataire. Les obligations d’entreprises sont une classe d’actifs intéressante pour les épargnants en quête d’un placement à court et moyen terme. On fait le point dans cet article !

Pourquoi les entreprises émettent-elles des obligations ?

Une entreprise qui a besoin d’argent frais peut émettre une obligation. Elle peut alors utiliser ces capitaux pour financer son activité, acquérir une autre société ou même rembourser des prêts plus anciens et plus coûteux.

L’émission d’obligations est donc une alternative au financement bancaire – parfois plus couteux – et à l’émission de nouvelles actions qui dilue le capital existant.

Une obligation d’entreprise peut être cotée en bourse mais ce n’est pas obligatoire, les TPE et PME peuvent aussi émettre des obligations auprès d’investisseurs privés.

Début 2021, le marché des obligations cotées était estimé à plus de 40 000 milliards de dollars.

Comment investir dans des obligations d’entreprises ?

Investir dans des obligations cotées en bourse

Vous pouvez acheter des obligations d’entreprises individuelles, comme vous le feriez pour des actions. Notez toutefois que l’investissement minimal sera souvent de 1 000 €, voire 100 000 €. Il est donc plus pratique d’investir par le biais de fonds obligataires.

Hugo
Les conseils de Hugo

Pour investir dans des obligations d’entreprises, nous vous recommandons d’utiliser des ETF obligataires, dont les frais sont beaucoup plus faibles que les fonds traditionnels. Vous pouvez en acheter aussi bien dans une assurance-vie ou un compte-titres.

Les obligations d’entreprises ont une durée et un taux d’intérêt fixés lors de son émission. Si vous conservez l’obligation jusqu’à son échéance, vous recevrez alors le principal (le montant prêté) et tous les intérêts. Mais si vous vendez l’obligation avant son terme, il est fort probable que son prix ait évolué.

En général, la valeur de votre obligation baissera si les taux d’intérêt des autres obligations augmentent. En effet, pourquoi vous payer davantage si votre obligation est moins rentable que les autres titres disponibles ? C’est pourquoi on dit que les obligations ont un « risque de taux ».

Les obligations d’entreprise sont réputées moins sûres que les obligations d’État. Il y a, en effet, une plus forte probabilité qu’une entreprise fasse défaut qu’un État. Pour faciliter l’évaluation du risque de défaut, les sociétés cotées sont évaluées par des agences de notation comme Moody’s, Fitch’s ou Standard & Poor’s. Les obligations des entreprises les mieux notées sont moins risquées, mais leur taux d’intérêt est plus faible.

Les obligations restent néanmoins beaucoup moins volatiles que les actions. Ce qui en est fait un actif de choix pour un horizon d’investissement de court/moyen terme. Pour un placement de moins de 5 ans, vous pouvez, par exemple, associer le fonds euros de votre assurance-vie à des fonds obligataires et viser ainsi un rendement de 3 à 5% par an.

Investir dans le non coté

Il est aussi possible d’acheter des obligations de TPE ou de PME non cotées en bourse. Cela s’est, en effet, démocratisé grâce aux plateformes de financement participatif, qui vous permettent de prêter à des entreprises à partir de quelques dizaines d’euros.

Les obligations non cotées sont plus rentables : vous pouvez obtenir un rendement allant de 2 à 10% par an. Elles sont aussi un excellent moyen de diversifier votre patrimoine. Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article dédié aux plateformes de financement participatif !

Les différents types d’obligations d’entreprises

On regroupe généralement les obligations d’entreprise sous différentes appellations en fonction de leurs caractéristiques : la durée (ou duration), le niveau de risque et le type d’intérêt.

Selon la durée de l’obligation

On peut distinguer les obligations selon leur durée. On parle aussi de duration, qui est une mesure qui tient compte des intérêts restant à percevoir. Voici les trois grandes catégories d’obligations selon leur durée :

  1. Court terme : ces obligations, dont l’échéance est de moins de trois ans, sont les plus sûres. Elles sont couramment utilisées par les entreprises pour financer un besoin de trésorerie.
  2. Moyen terme : l’échéance de ces obligations est de quatre à dix ans. Ces obligations sont généralement émises par des entreprises pour financer des projets de développement ou d’acquisition.
  3. Long terme : les obligations à long terme, d’une durée de plus de 10 ans, offrent des taux d’intérêt plus élevés parce qu’elles immobilisent l’argent des prêteurs pendant plus d’une décennie. Elles sont fréquentes pour les États, mais plus rares sur le marché obligataire corporate.

Selon le niveau de risque de l’obligation

On distingue généralement deux types d’obligations d’entreprises selon leur notation, et donc leurs niveaux de risque.

  1. Les obligations Investment grade sont émises par des entreprises dont le risque de défaut est quasiment nul sur les années à venir. On pourrait citer par exemple Apple, Amazon, ou encore LVMH. Elles sont notées au moins Baa3 par Moody’s et au moins BBB- par Standard & Poor’s et Fitch Ratings. Elles sont attrayantes pour les investisseurs qui veulent un rendement supérieur à celui qu’ils pourraient obtenir avec des bons du Trésor, mais dans l’environnement actuel de taux bas, le rendement reste faible.
  2. Les obligations à haut rendement (High Yield), sont des obligations notées B ou moins. Elles seront nécessairement plus volatiles mais elles offrent un rendement bien plus intéressant. Là où le rendement des obligations Investment grade dépassent difficilement 2%, certaines obligations High Yield peuvent avoir un rendement supérieur à 5%.
Hugo
Les conseils de Hugo

Privilégiez un bon fonds euros plutôt que d’investir dans des obligations investment grade. En revanche, cela peut être intéressant d’investir dans des ETF obligataires High Yield : les rendements sont plus élevés et la diversification de l’ETF permet d’en atténuer la volatilité.

Selon le type d’intérêts

L’appellation des obligations peut aussi dépendre de la façon dont est fixé le taux d’intérêt. Il y a :

  1. Les obligations à taux fixes, qui sont les plus courantes. Vous recevez le même montant tous les mois jusqu’à échéance. Notez, d’ailleurs, que le paiement s’appelle un « coupon ». Dans le passé, les investisseurs devaient, en effet, découper des coupons sur l’obligation papier et les remettre à l’entreprise pour être payés. Aujourd’hui, bien sûr, le paiement est électronique.
  2. Les obligations à taux flottants ou variables sont des obligations dont la valeur du coupon change (généralement tous les six mois) en fonction de paramètres de marché : taux Libor, Euribor ou taux des OAT par exemple.
  3. Les obligations zéro coupon ne payent les intérêts qu’à l’échéance.

Sachez enfin qu’il existe un type d’obligation d’entreprises hybride : les obligations convertibles. Le détenteur d’une obligation convertible peut la convertir en actions.