Devenir rentier : on en a tous rêvé. Pouvoir arrêter de travailler, voyager, se consacrer à une passion, passer plus de temps avec ses proches… Tout cela en ayant un revenu qui tombe tous les mois. C’est l’objectif qu’a démocratisé le mouvement FIRE (“Financial Independence, Retire Early”), littéralement : “Indépendance financière, retraite précoce”. Une philosophie qui repose sur une idée simple : accumuler suffisamment d’épargne pour couvrir ses dépenses jusqu’à sa mort, sans avoir besoin de travailler.
Une finalité alléchante qui amène à se demander le montant nécessaire pour parvenir à l’indépendance financière. À partir de combien puis-je arrêter de travailler ? Atteindre un tel montant est-il réaliste ? Et si oui, à quel prix ?
➡️ Dans cet article nous allons calculer le capital nécessaire à atteindre pour pouvoir vivre uniquement de ses rentes, selon différents profils. Et je vous donnerai les différents scénarios permettant d’y parvenir.
Comment définir l’indépendance financière ? À partir de quand peut-on dire qu’on y est parvenu ?
On pourrait définir l’indépendance financière comme le fait de pouvoir vivre de revenus passifs, qu’on pourrait aussi appeler rentes. C’est-à-dire d’argent perçu de manière régulière sans qu’il soit nécessaire de fournir un travail.
Être indépendant financièrement c’est donc ne plus avoir besoin d’exercer une activité rémunérée pour vivre, ou décider de continuer à le faire sans que cela soit une nécessité.
Pour y parvenir il faut donc :
- avoir mis de côté une somme d’argent conséquente,
- et s’assurer que ce pécule ne s’épuisera pas avant votre mort.
L’indépendance financière s’atteint donc en deux phases :
- une phase d’épargne, pour accumuler la somme nécessaire,
- une phase de retrait, pendant laquelle vous en retirez une part chaque année (ou chaque mois).
➡️ Par conséquent, il ne suffit pas de garder cette somme sous son matelas : pour arriver à ce montant et à le faire durer suffisamment longtemps, il faut qu’il soit placé, et qu’il continue à travailler durant la phase de retrait.
Quel montant atteindre pour devenir indépendant financièrement ?
Pour se donner une première idée, et calculer les choses le plus simplement du monde, on peut commencer par évaluer ses besoins matériels sur une année. Imaginons qu’il vous faudrait 2 000 € par mois pour vivre sereinement. On multiplie ce revenu mensuel par 12, puis par le nombre d’années d’indépendance financière visé, par exemple 30.
🧮 De cette façon, on arriverait au calcul basique : 2 000 * 12 * 30 = 720 000 €.
S’il donne une première indication du montant à atteindre, ce résultat reste incomplet :
- d’abord, il faudra viser plus si vous voulez en prime transmettre une partie de votre capital,
- ensuite, le calcul ne prend pas en compte le fait que le capital non retiré continue de travailler, et donc que ce que vous retirez se reconstitue en partie chaque année.
➡️ Avoir une idée précise du montant mensuel qui nous sera nécessaire pour vivre sans travailler (et sans manquer de rien) est la première étape indispensable. Mais il faut ensuite un calcul plus précis du montant à atteindre en prenant en compte un rendement annuel. C’est ce que les adeptes du mouvement FIRE nomment le “FIRE number”.
La règle des 4%
Pour trouver le montant idéal pour garantir une indépendance financière, les partisans du mouvement FIRE citent souvent la règle des 4%. Cette règle est issue d’un article publié par 3 professeurs de l’université Trinity au Texas (Philip L. Cooley, Carl M. Hubbard and Daniel T. Walz). Dans celui-ci, ils arrivent à la conclusion qu’en retirant 4% de son capital tous les ans, il y a de grandes chances de ne pas l’épuiser complètement avant 30 ans.
Pour arriver à ce nombre d’or, ils ont étudié la performance de portefeuilles boursiers composés d’au moins 50% à 75% d’actions (le reste en obligations) sur la période 1926-1995. Dans l’immense majorité des cas, c’est un retrait annuel de 4% du total qui évitait de tomber à zéro avant la fin.
➡️ Ainsi, pour connaître le montant à atteindre, il suffit de multiplier ses dépenses annuelles souhaitées par 25 (car 4% représente un vingt‑cinquième du capital total).
🧮 Dans notre exemple précédent, pour 24 000 € de revenus annuels souhaités, on arrive à un capital à constituer de 600 000 € pour tenir 30 ans sans tomber à zéro.
✅ Le point fort de la règle des 4%, c’est qu’elle prend en compte l’inflation. On retire par exemple 24 000 € la première année sur 600 000 €. La suivante, si l’inflation a été de 2%, il est prévu que l’on puisse retirer 24 480 € (24 000 x 2% d’inflation) afin de ne pas perdre en pouvoir d’achat.
Les limites de la règle des 4%
Cette règle magique a toutefois quelques limites qu’il faut avoir à l’esprit :
- Elle fonctionne pour une durée de 30 ans seulement, par exemple pour une retraite prise à 50 ans et une espérance de vie de 80 ans. Pour viser l’indépendance financière à 35 ou 40 ans, il faut que le capital dure au moins 40 à 45 ans.
- Elle repose sur un investissement fort en Bourse. Or, en cas de krach au tout début de la période de retrait, le capital risque de ne pas se reconstituer suffisamment vite pour tenir la cadence.
- Enfin, la règle des 4% élude totalement la fiscalité sur les retraits. Or, il n’existe pas en France de placement sans fiscalité (hors livrets réglementés, type Livret A), le montant d’un retrait net d’impôts est donc inférieur au montant visé.
➡️ Pour pallier ces faiblesses, on voit des règles qui préconisent plutôt de ne retirer que 3% de son capital par an, et donc de viser 33 fois ses dépenses annuelles. En prenant en compte la fiscalité française, on peut aussi arriver à la règle des 2%, qui nécessite de multiplier ses besoins annuels par 50.
🧮 En étant pessimiste, et en gardant la règle des 2%, on aboutit à un montant à atteindre qui n’est plus de 600 000 €, mais de 1,2 million d’€, pour une rente mensuelle de 2 000 €. Tout de suite plus difficile à envisager !
L’avantage avec la règle des 2% ou des 3%, c’est qu’il n’est pas nécessaire de parier sur le nombre d’années qu’il nous reste à vivre. Le taux de retrait annuel est en effet inférieur au rendement visé, c’est-à-dire environ 5% net d’inflation (7% à 8% de rendement annuel moins 2% à 3% d’inflation annuelle). Le capital doit donc en principe durer 50 ans, voire plus.
Arriver à l’indépendance financière en pratique
Pour ce cas pratique, disons que nous allons imaginer 3 scénarios :
- un scénario optimiste, qui vise un montant correspondant à 30 fois les dépenses annuelles,
- un scénario central, qui vise 40 fois les revenus annuels souhaités,
- et un scénario pessimiste, qui correspond à la règle des 2%, soit 50 fois ses besoins annuels.
Dans le tableau ci-dessous, vous trouverez le montant théorique pour atteindre l’indépendance financière “perpétuelle”, c’est-à-dire sans vous soucier du nombre d’années à “tenir” (à condition de partir à la retraite entre 40 et 45 ans).
| Revenu mensuel visé | Revenu annuel nécessaire | Montant à atteindre (scénario optimiste) | Montant à atteindre (scénario central) | Montant à atteindre (scénario pessimiste) |
|---|---|---|---|---|
| 1 000 € | 12 000 € | 360 000 € | 480 000 € | 600 000 € |
| 1 500 € | 18 000 € | 540 000 € | 720 000 € | 900 000 € |
| 2 000 € | 24 000 € | 720 000 € | 960 000 € | 1 200 000 € |
| 2 500 € | 30 000 € | 900 000 € | 1 200 000 € | 1 500 000 € |
| 3 000 € | 36 000 € | 1 080 000 € | 1 440 000 € | 1 800 000 € |
| 3 500 € | 42 000 € | 1 260 000 € | 1 680 000 € | 2 100 000 € |
| 4 000 € | 48 000 € | 1 440 000 € | 1 920 000 € | 2 400 000 € |
| 4 500 € | 54 000 € | 1 620 000 € | 2 160 000 € | 2 700 000 € |
| 5 000 € | 60 000 € | 1 800 000 € | 2 400 000 € | 3 000 000 € |
On voit qu’au-delà de 2 000 € mensuels, il faudra se fixer pour objectif de parvenir à un capital d’environ 1 million d’€. Ce qui n’est pas impossible, comme nous allons le voir plus bas, mais peut nécessiter un nombre d’années d’épargne qui repoussera l’âge de l’indépendance financière à 55 ou 60 ans.
✅ De façon plus optimiste, on voit aussi que sans pouvoir s’arrêter totalement de travailler, on peut viser une rente mensuelle de 1 000 € avec un capital plus atteignable compris entre 360 000 et 600 000 €.
On connaît désormais vers quel montant tendre, mais cela ne nous dit pas combien épargner par mois et pour combien de temps. Voici ce qu’on peut estimer ⤵️
Combien épargner par mois pour atteindre l’indépendance financière ?
Pour cette simulation, nous allons conserver le scénario central, toujours selon le montant mensuel avec lequel vous comptez vivre sans travailler. On utilise une calculatrice d’intérêts composés, et on suppose que l’on souhaite arriver à l’indépendance financière entre 50 et 60 ans. On se limite donc à une durée d’épargne de 20 ou 30 ans, soit une période d’investissement qui débute autour de 30 ans, sans économies de côté.
| Revenu mensuel visé | Capital visé | Epargne mensuelle | Durée d’épargne | Capital atteint |
|---|---|---|---|---|
| 1 000 € | 480 000 € | 800 € | 20 ans | 483 649 € |
| 345 € | 30 ans | 485 950 € | ||
| 1 500 € | 720 000 € | 1 270 € | 20 ans | 722 629 € |
| 515 € | 30 ans | 725 404 € | ||
| 2 000 € | 960 000 € | 1 690 € | 20 ans | 961 608 € |
| 685 € | 30 ans | 964 857 € | ||
| 2 500 € | 1 200 000 € | 2 110 € | 20 ans | 1 200 588 € |
| 855 € | 30 ans | 1 204 311 € | ||
| 3 000 € | 1 440 000 € | 2 535 € | 20 ans | 1 442 413 € |
| 1 025 € | 30 ans | 1 443 764 € | ||
| 3 500 € | 1 680 000 € | 2 960 € | 20 ans | 1 684 237 € |
| 1 195 € | 30 ans | 1 683 218 € | ||
| 4 000 € | 1 920 000 € | 3 375 € | 20 ans | 1 920 372 € |
| 1 365 € | 30 ans | 1 922 672 € | ||
| 4 500 € | 2 160 000 € | 3 800 € | 20 ans | 2 162 196 € |
| 1 535 € | 30 ans | 2 162 125 € | ||
| 5 000 € | 2 400 000 € | 4 235 € | 20 ans | 2 409 711 € |
| 1 710 € | 30 ans | 2 408 622 € |
On voit que pour espérer l’indépendance financière en 20 ans, les montants à épargner chaque mois deviennent très vite conséquents, pour ne pas dire irréalistes. Pour viser une rente de 2 500 € par mois, il faut investir 2 110 € par mois. Si on épargne la moitié de son salaire, ce qui est déjà un taux d’épargne dont beaucoup rêvent, il est donc nécessaire de gagner 4 220 € nets par mois.
Selon la pyramide des salaires de l’Insee, seuls 12% des Français gagnent plus de 4 000 € nets par mois.
✅ En revanche, on remarque qu’avec 30 ans devant soi, le montant à économiser tous les mois est bien plus raisonnable. En plaçant 685 € par mois pendant 30 ans, à 8% par an en moyenne sur cette durée, on atteint un capital de 964 857 €, permettant de vivre avec 2 000 € nets par mois, en théorie ad vitam.
Cette simulation illustre bien l’effet des intérêts composés, qui est exponentiel. A condition de ne pas effectuer de retraits, les intérêts générés chaque année produisent à leur tour des intérêts l’année suivante. Le rendement s’applique tous les ans à un capital plus élevé. Ainsi, plus on économise longtemps, moins on a besoin de mettre de côté chaque mois pour arriver au même montant.
Les leviers à actionner pour atteindre l’indépendance financière
En matière d’investissement, trois leviers peuvent être utilisés pour parvenir au montant visé pour son indépendance financière :
- Le temps : comme on l’a vu juste au-dessus, plus on a de temps devant soi, plus l’effet des intérêts composés va jouer, et moins il sera nécessaire de mettre une somme conséquente de côté chaque mois.
- Le risque pris : plus il est élevé, plus le rendement à espérer est conséquent, et donc plus vite on arrive au capital visé. Toutefois, il est difficile d’actionner ce levier dans notre exemple, car nous intégrons déjà un rendement de 8% par an, qui est réaliste historiquement, mais difficile à battre.
- Votre capacité d’épargne : plus vous mettez de côté chaque mois, plus le rendement va s’appliquer à un capital élevé, et donc générer davantage plus vite.
Pour les personnes en quête d’indépendance financière au plus vite, on voit qu’une fois un rendement de 8% par an visé, le seul levier à activer est celui de la capacité d’épargne. D’où les sacrifices qu’il faut souvent consentir pour parvenir à son objectif. ⤵️
Les sacrifices induits par un haut niveau d’épargne
Augmenter sa capacité d’épargne mensuelle pour vivre uniquement de revenus passifs ne se fait pas sans sacrifices :
- Épargner entre 50% et 90% de ses revenus : comme vu dans la simulation plus haut, les montants à épargner sont conséquents si on vise l’indépendance financière dans un délai de 20 ans. Cela signifie souvent subvenir uniquement à ses besoins vitaux.
- Un tel niveau d’épargne exclut aussi généralement tout autre projet de vie coûteux (passion, loisirs, mariage, enfants, etc.)
- Pour viser un rendement de 8% par an, il faut accepter que son épargne traverse des périodes de krach qui peuvent lui faire perdre beaucoup en valeur.
Il existe un débat sur le couple et la recherche de liberté financière. Certes, il est préférable d’exclure les projets les plus coûteux comme le mariage et les enfants, mais vivre en couple en étant pacsé ou marié (sans cérémonie bien sûr !) permet aussi de mutualiser les dépenses et de multiplier les avantages fiscaux des différentes enveloppes à votre disposition, comme nous allons le voir plus bas ⤵️
🏠 Idem pour l’achat de sa résidence principale. C’est une sécurité qui colle bien à l’esprit de l’indépendance financière, mais le remboursement de votre crédit va peser sur votre capacité d’épargne pendant 20 ou 25 ans, sans dégager de revenus. Le coût d’un crédit ou d’un loyer est donc aussi à prendre en compte durant la phase d’épargne ou de retrait.
Quels placements privilégier pour viser l’indépendance financière ?
Reste à savoir, concrètement, sur quels placements miser pour espérer atteindre l’objectif visé en vue de son indépendance financière. En France, 4 grandes enveloppes fiscales vous permettent d’investir avec différents avantages à la clef :
| Enveloppe fiscale | Avantages | Inconvénients | Rendement visé | Commentaire | Investir |
|---|---|---|---|---|---|
| Assurance vie | Fiscalité avantageuse à la sortie Fiscalité avantageuse à la succession Grande diversité d’investissements possibles Pas de plafond | Enveloppe chargée en frais annuels | 7 à 8% par an avec un contrat proposant des ETF actions. | À condition de choisir le bon contrat pour réduire les frais annuels, la fiscalité sur les retraits peut être un vrai atout. | Meilleures assurances vie |
| Plan d’épargne retraite (PER) | Enveloppe bloquée : pas de risque de retirer ses fonds avant la retraite Fiscalité avantageuse sur les versements ou les retraits Pas de plafond | Enveloppe chargée en frais annuels Les contrats proposant des ETF sont plus rares | 7 à 8% par an avec un contrat proposant des ETF actions. | À privilégier si vous êtes imposé à plus de 30%, et si vous faites valoir vos droits à la retraite au moment où vous arrêtez de travailler, afin de débloquer le capital. | Meilleurs PER |
| Plan d’épargne en actions (PEA) | Fiscalité très avantageuse à la sortie Frais faibles durant la période d’épargne | Plafond de 150 000 € | 7 à 8% par an | Une enveloppe pour investir uniquement en Bourse, avec peu de frais et la fiscalité la plus attractive. Sans doute le meilleur compromis. | Meilleurs PEA |
| Compte-titres ordinaire (CTO) | Frais faibles durant la période d’épargne | Aucun avantage fiscal en sortie Fiscalité annuelle si des dividendes sont versés | 7 à 8% par an | À privilégier pour un investissement en Bourse plus spécialisé, en profitant de ses frais faibles | Meilleurs compte-titres |
Ces quatre enveloppes ont en commun deux avantages pour parvenir à votre objectif financier :
- Pas de fiscalité avant la phase de retrait : l’assurance vie, le PER et le PEA sont des enveloppes dites “de capitalisation”, autrement dit, tant que vous n’effectuez pas de retrait, aucune fiscalité ne s’applique. C’est également le cas avec un CTO, à condition de ne céder aucune action ou part d’ETF durant la phase d’épargne et de ne choisir que des ETF sans versements de dividendes.
- Elles permettent toutes d’investir en Bourse : en particulier en ETF, des fonds cotés à frais réduits et diversifiés, avec lesquels vous pouvez viser à terme le rendement historique moyen de la Bourse, c’est-à-dire 7 à 8% par an.
Pourquoi la Bourse ?
Si on s’intéresse aux rendements long terme, les actions sont la classe d’actifs la plus performante. C’est ce que montre chaque année l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF) dans une étude qui compare le rendement annuel moyen de différents placements sur la durée.

Quid de l’immobilier ?
Atteindre l’indépendance financière par l’investissement immobilier peut également être une option, qui bénéficie d’un avantage notable : l’effet de levier. Votre mise de départ peut en effet être financée par le crédit immobilier.
L’idée serait donc d’investir dans un ou plusieurs biens, de les mettre en location, de réinvestir les loyers perçus et d’espérer une plus-value à la revente, pour que l’ensemble (loyers + vente) vous fasse parvenir au montant visé au moment où vous le souhaitez.
Sur les quarante dernières années, selon l’IEIF, l’immobilier à Paris a généré un rendement d’environ 10% brut par an. Il faut toutefois déduire la fiscalité sur les revenus locatifs qui se paie chaque année (ainsi que la taxe foncière, la taxe sur les ordures ménagères, etc.), et également accepter les contraintes liées à l’investissement immobilier :
- temps de recherche du bien et des locataires,
- gestion au quotidien,
- travaux à réaliser,
- réunions de syndic, etc.
➡️ En raison de ces contraintes, et de la fiscalité de l’immobilier, les aspirants à l’indépendance financière (en particulier disciples du mouvement FIRE) ont plutôt tendance à privilégier l’investissement en Bourse pour y parvenir.
L’avantage des SCPI
Pour diversifier son portefeuille en immobilier, les Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) peuvent en revanche être une option. Le principe de ces fonds est d’acheter de l’immobilier professionnel et de le louer. Vous déléguez ainsi tout ce qui est lié à la gestion.
✅ Le grand avantage de ce placement est de distribuer des revenus réguliers (tous les mois ou trimestres). Les dividendes (la part des loyers qui vous est reversée par la SCPI) peuvent ainsi être réinvestis durant la phase d’épargne, ou perçus durant la phase de retrait.
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Simulation : quelle enveloppe fiscale est la plus efficace ?
S’il fallait trancher : parmi les quatre enveloppes fiscales, laquelle est la meilleure dans une optique d’indépendance financière ?
Reprenons les paramètres d’une des simulations : une épargne mensuelle de 685 € sur 30 ans pour espérer un revenu de 2 000 € par mois, ce qui correspond à un retrait de 24 000 € par an.
📈 Les graphiques suivants représentent une courbe ascendante, qui correspond à la phase d’épargne, et une courbe descendante, qui est celle de la phase de retrait.
Elles permettent de voir quelle enveloppe parvient au capital le plus élevé sur la durée donnée (30 ans) et laquelle épuise ce capital le plus lentement, en prenant en compte leur fiscalité.

➡️ Cette simulation qui semble incohérente montre en réalité qu’en retirant seulement 24 000 € par an il est impossible d’épuiser la totalité du capital constitué de son vivant.

➡️ Si on passe les retraits annuels à 48 000 € (soit 4 000 € mensuels), on voit en revanche qu’il est possible de retirer jusqu’au dernier euro. Dans ce cas de figure théorique, c’est le PER qui permet de parvenir au capital le plus élevé sur la durée. Cette enveloppe permet en effet de déduire le montant des versements effectués de son revenu fiscal. Or on considère ici que ce qui est gagné en impôt est réinvesti dans le PER, ce qui augmente les montants placés. Le graphique permet également de voir que l’assurance vie est “plombée” par ses frais annuels, elle parvient au capital le moins élevé en 30 ans.
✅ En ce qui concerne la phase de retrait, on remarque que c’est le PEA qui permet de prolonger son épargne le plus longtemps, et de loin, pendant près de 35 ans. Ceci en raison de sa fiscalité très avatangeuse sur les retraits.
Dans l’optique d’un investissement qui sera principalement boursier, c’est le PEA qui apparaît comme l’enveloppe la plus cohérente. Mais son plafond de versement à 150 000 € obligera sans doute à une combinaison avec une autre, par exemple l’assurance vie, ou pourquoi pas le PER, à condition que le gain fiscal soit significatif et systématiquement réinvesti.
Cette simulation est accessible dans notre formation Bourse. Vous pouvez modifier librement les paramètres (rendement, épargne mensuelle, montants des retraits, etc.) pour voir quelle enveloppe fiscale s’adapte le mieux à votre situation.
Questions fréquentes sur l’indépendance financière
Le capital nécessaire dépend surtout du revenu mensuel que vous souhaitez obtenir et du taux de retrait retenu. Avec la règle des 4%, il faut viser environ 25 fois ses dépenses annuelles.
Oui, mais cela demande généralement beaucoup de temps, un taux d’épargne élevé et une stratégie d’investissement régulière. L’objectif devient plus réaliste on commence tôt et qu’on laisse jouer les intérêts composés.
Les ETF en PEA sont souvent une bonne base grâce à leurs frais faibles et à leur fiscalité avantageuse après 5 ans. L’assurance vie, le PER, le compte-titres ou les SCPI peuvent ensuite compléter la stratégie selon votre profil.