Origines de la finance carbone

La finance carbone regroupe les mécanismes économiques et financiers liés à la tarification du carbone et, plus largement, au financement de projets ou d’actifs liés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’idée de départ est simple : lorsqu’une entreprise ou un secteur émet du CO2, cette émission peut être mesurée, plafonnée, puis échangée sous forme de quotas ou de crédits carbone.

Cette logique repose sur le principe du pollueur-payeur et sur un mécanisme souvent résumé par l’expression « cap and trade » : on fixe un plafond global d’émissions, puis les acteurs concernés s’échangent des droits à émettre s’il le dépasse.

➡️ Concrètement, une entreprise qui réduit ses émissions plus vite que prévu peut avoir des quotas excédentaires. À l’inverse, une entreprise plus émettrice devra acheter des quotas supplémentaires ou investir pour réduire ses émissions. C’est ce qui fait du carbone un actif échangeable, et c’est précisément ce qu’on appelle la finance carbone.

La logique n’est pas née avec le CO2. Des systèmes proches avaient déjà été utilisés avant, notamment aux États-Unis, dans les années 1990, pour limiter d’autres polluants (le dioxyde de soufre (SO2) à l’origine des pluies acides). Mais c’est avec les politiques climatiques internationales puis européennes que le marché carbone a vraiment pris son essor.

Quels sont les gaz à effet de serre (GES) ?

Certains gaz de l’atmosphère, principalement le dioxyde de carbone (CO2), mais aussi le méthane (CH4), les halocarbures (HFC et PFC), le protoxyde d’azote (N2O) et l’hexafluorure de soufre (SF6), sont appelés Gaz à Effet de Serre (GES – GHG Greenhouse Gas) : ils agissent comme une couverture qui conserve la chaleur de la terre.

L’activité humaine contribue à une augmentation de l’épaisseur de cette couverture, avec des effets potentiels de réchauffement significatif de la planète et de multiples conséquences induites.

🌍 C’est pour limiter ces changements climatiques et leurs conséquences, que certains pays ont défini des politiques de contrôle des émissions des gaz à effet de serre (GES).

Les grands cadres réglementaires

Le premier grand jalon international est le protocole de Kyoto, adopté en 1997 dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Il fixait des objectifs contraignants de réduction des émissions pour les pays industrialisés, avec un objectif moyen de -5% sur 2008-2012 par rapport à 1990.

Kyoto a surtout joué un rôle fondateur : il a posé les bases d’une comptabilité carbone internationale et de plusieurs mécanismes de flexibilité, comme :

➡️ Mais en pratique, le vrai basculement vers un marché carbone concret et de grande ampleur s’est fait en Europe en 2005, avec le lancement du SEQE-UE (Système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne, ou EU ETS). C’est aujourd’hui le principal cadre réglementé quand on parle de marché carbone en Europe.

Le marché carbone européen aujourd’hui

Le SEQE-UE fonctionne selon un principe simple : l’Union européenne fixe un plafond global d’émissions pour certains secteurs, puis les entreprises concernées doivent restituer chaque année autant de quotas que de tonnes de CO2 effectivement émises. Ce système couvre notamment :

  • la production d’électricité et de chaleur,
  • plusieurs industries intensives en énergie,
  • l’aviation intra-européenne,
  • et désormais le secteur maritime de façon progressive.

Le marché européen a beaucoup évolué depuis 2005. Il est aujourd’hui dans sa quatrième phase (2021-2030), avec des règles renforcées dans le cadre du paquet Fit for 55, adopté en 2023 pour accélérer la baisse des émissions. L’Union européenne a aussi prévu un ETS2, distinct du marché principal, pour les bâtiments, le transport routier et certains petits secteurs industriels, avec des premières enchères prévues en 2027.

➡️ Aujourd’hui, le marché carbone européen reste la principale référence en matière de marché réglementé du carbone. Il sert de cadre central pour la politique climatique de l’Union européenne.

En dehors de l’Union européenne, il existe aussi d’autres systèmes réglementés, par exemple le RGGI dans le nord-est des États-Unis, centré sur le secteur électrique, ou encore le marché du carbone lié entre la Californie et le Québec.

Les marchés volontaires du carbone

À côté des marchés réglementés, il existe des marchés volontaires du carbone. Ici, il ne s’agit pas de quotas imposés par une autorité publique, mais de crédits carbone achetés volontairement par des entreprises ou des organisations qui souhaitent financer des projets climatiques ou compenser une partie de leurs émissions.

Le fonctionnement est différent de celui du marché européen. Sur les marchés volontaires, la qualité du crédit dépend du standard utilisé, du type de projet financé et des conditions de vérification. Parmi les références les plus connues on peut citer le VCS Program de Verra.

Dans ce cadre, l’unité la plus courante est le VCU (Verified Carbon Unit). Un VCU correspond à une tonne de CO2e réduite ou retirée.

➡️ Il faut donc bien distinguer les deux grands univers de la finance carbone : d’un côté les marchés réglementés, comme le SEQE-UE, qui relèvent de politiques publiques ; de l’autre, les marchés volontaires, qui reposent sur des standards privés et sur une démarche volontaire des acheteurs.

Comment investir dans les quotas carbone pour un particulier

Pendant longtemps, les quotas carbone européens (EUA) sont restés des actifs échangés entre industriels soumis au SEQE-UE, et réservés aux investisseurs professionnels. Mais ils deviennent désormais accessibles aux particuliers.

Une plateforme comme Homaio propose aux particuliers d’investir dans des obligations adossées à des quotas carbone européens. Concrètement, l’investisseur n’achète pas directement des quotas sur le marché réglementé, mais un titre financier dont la valeur évolue en fonction du prix des EUA.

L’idée est de s’exposer à un actif dont la quantité diminue progressivement dans le cadre du marché carbone européen. C’est en effet tout l’objectif de la Commission européenne : que les quotas deviennent de plus en plus chers pour inciter les entreprises à plutôt décarboner leur activité.

➡️ C’est donc une façon de miser sur un actif potentiellement lucratif (mais aussi très volatil), tout en réalisant un investissement à impact.

Homaio se présente aujourd’hui comme la seule plateforme européenne permettant d’ouvrir ce marché aux particuliers, avec une approche pédagogique et orientée impact. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre avis complet sur Homaio.