“Les conseilleurs ne sont pas les payeurs”. En bourse, cet adage prend tout son sens. Les personnes qui disent ce qu’il faut faire avec l’argent qui n’est pas le leur, ce n’est pas ce qui manque. Banquiers, conseillers en gestion de patrimoine, et journalistes ne sont pas avares en conseils qu’ils ne suivent pas eux-mêmes. 

Quant à moi, cela fait plus de 15 ans que j’investis en bourse. J’ai testé beaucoup de techniques et de stratégies différentes et dans cet article, je vous donne les 5 conseils que j’aurais aimé avoir lorsque j’ai investi pour la première fois.

Conseil 1 : attention au bullshit

Sur internet, tout le monde a un avis. Et beaucoup ont une méthode pour “battre les marchés”. YouTube, Twitter, Instagram, sont remplis d’experts autoproclamés. Et dans le lot, il y a beaucoup de bêtises. 

Le problème, c’est que ces bêtises sont souvent bien emballées ; avec des graphiques qui clignotent, des captures d’écran de gains, et des phrases du type : “opportunité rare”, “signal fort”, “le marché va exploser”.

La plupart de ces gourous utilisent l’analyse technique. Et, derrière leur écran, ils donnent une impression de contrôle. On trace des lignes, on repère des figures, on parle de supports et de résistance, etc.

C’est séduisant, mais ça ne marche pas !

Dès les années 70, les chercheurs Jensen & Bennington ont montré que le pouvoir prédictif de l’analyse technique était nul. Même son de cloche chez Eugène Fama, professeur de finance et prix Nobel d’économie dont les travaux ont d’ailleurs abouti à la théorie des marchés efficients.

D’autres “experts” vont vous conseiller, par exemple, d’investir dans des actions à dividende. Ça rassure, mais ça ne marche pas non plus. On sait depuis les années 80 et l’étude empirique de Michael Barclay que les cours de bourse chutent du montant du dividende le jour où il est détaché. In fine, investir dans des entreprises à dividende est plutôt moins performant car il s’agit là d’entreprises matures à la croissance relativement faible.

➡️ Bref, mon premier conseil est relativement simple : méfiez-vous des formules magiques. Et si vous voulez construire une stratégie d’investissement efficace et performante, basez là sur des faits valides et vérifiés. C’est ce que les américains appellent le fact based investing.

Conseil 2 : préparez-vous aux aléas

Le cours de bourse d’une action a tous les attributs d’une “marche aléatoire”. Autrement dit, il est quasiment impossible de prédire son prix dans la minute, l’heure ou la semaine. Le mathématicien Louis Bachelier en a eu l’intuition dès 1900. Et cette intuition a été formalisée plus tard par les prix Nobel d’économie Paul Samuelson et Robert Merton dont les travaux servent encore de cadre théorique à toute la finance moderne. 

Ce que cela implique est relativement simple : vous devez vous préparer mentalement et psychologiquement à l’incertitude. Les hausses, les baisses, la volatilité et les krachs ; tout cela fait partie du jeu. 

Or, si vous paniquez à la première baisse venue, vous avez déjà perdu. La résistance émotionnelle aux pertes est très certainement une qualité sous-cotée pour qui veut investir en bourse. 

D’une certaine manière, c’est précisément parce que la bourse est volatile et imprévisible qu’elle est si rémunératrice sur le long terme. Les fluctuations sont le prix à payer pour obtenir de bonnes performances. Dans le jargon, on parle de “prime de risque”. 

➡️ Conclusion : soyez prêt à encaisser les baisses pour profiter des hausses. 

Conseil 3 : Gérez les risques avant de gérer la performance

❌ Beaucoup d’investisseurs se posent la mauvaise question : “comment dégager un maximum de performances ?”

✅ En réalité la première question à se poser est : “comment ne pas perdre d’argent ?” Et surtout “comment ne pas se ruiner ?” 

Pour ça, le premier risque à éliminer est le risque “spécifique”. Le risque spécifique, c’est le risque qu’une entreprise fasse faillite (ou perde énormément de valeur) pour des raisons qui lui sont propres ; des raisons spécifiques donc.

Atos, qui était pourtant un fleuron de l’informatique français a, par exemple, perdu 99% de sa valeur en quelques mois. Pour quelle raison ? Une succession de mauvaises décisions stratégique, des comptes mal tenus voire maquillés et une dette abyssale. Résultat : les actionnaires ont été rincés.

⚠️ Tout investisseur qui se contente d’investir dans 3 ou 4 actions s’expose à un très fort risque spécifique qui peut durablement anéantir vos performances.

➡️ Pourtant, la solution est simple : diversifier.

Avec 100 entreprises en portefeuille, la faillite d’une d’elles ne représente plus qu’une baisse de 1% de sa valeur totale. Il n’y a donc plus de quoi s’inquiéter. La diversification est certes un conseil classique. Mais ça n’en est pas moins un conseil efficace. 

Hugo
Les conseils de Hugo

Une fois le risque spécifique éliminé, il vous reste le risque systémique : le krach boursier généralisé. La première façon de gérer ce risque est d’avoir une épargne de précaution suffisante pour passer à travers la crise sans avoir à piocher dans l’argent investi en bourse (ce qui entérinerait de manière définitive vos pertes).

Conseil 4 : ne négligez pas l’impact des frais

Les frais réduisent de manière certaine vos performances boursières. Or, l’industrie financière ne manque pas d’ingéniosité pour vous faire payer un maximum de frais.

Les frais les plus pénalisants sont les frais récurrents. D’ailleurs, les frais expliquent en grande partie pourquoi les gérants professionnels n’arrivent pas à battre le marché. Un fonds d’investissement prélève entre 1% et 2% de frais par an et, inexorablement, cela finit par peser sur sa performance. Pour cette raison, je vous déconseille donc d’investir en Bourse par l’intermédiaire d’OPCVM. Privilégiez les ETF, dont les frais sont bien plus faibles. 

Il en va de même pour les produits dérivés et autres produits structurés. Derrière une séduisante complexité, ces produits cachent surtout des couches de frais importants. Une plateforme de trading gagne bien mieux sa vie avec des CFD qu’avec des actions. Même chose avec les courtiers, qui prélèvent des frais indécents si jamais vous vient l’idée de passer des ordres au SRD pour obtenir un effet de levier.

Il va sans dire que, dans tous les cas, vous avez intérêt à à choisir un courtier qui ne pratique pas de droits de garde et dont les frais de courtage sont faibles.

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Conseil 5 : construisez une stratégie pour durer

Le dernier conseil est probablement le plus important. D’ailleurs, Warren Buffett l’a sans mieux formulé que personne : 

La Bourse est une machine à transférer la richesse des impatients à ceux qui savent attendre. 

Warren Buffett

Ceci doit sonner comme un avertissement. On ne s’enrichit pas en bourse en quelques mois. Au contraire, en bourse, le temps agit comme un levier multiplicateur de votre richesse. Chaque dividende et chaque plus-value réinvestie vont, à leur tour, produire plus de gains. C’est la magie des intérêts composés.

➡️ Votre stratégie d’investissement doit donc s’inscrire dans la durée. 

D’ailleurs, votre horizon d’investissement est déterminant dans l’élaboration de votre stratégie. Quelqu’un qui investit pour sa retraite dans 25 ans ne doit pas raisonner comme quelqu’un qui veut acheter une résidence principale dans 5 ans.

Ce n’est pas le même horizon et donc pas le même risque acceptable : 

  • À long terme, vous pouvez vous permettre de prendre un maximum de risque et de miser sur un portefeuille essentiellement constitué d’actions. Voire même de vous permettre un peu d’effet de levier
  • À court terme, vous devez gérer le risque avec beaucoup plus de précautions. Vous pouvez miser sur des actions défensives ou à faible volatilité et intégrer des obligations dans votre portefeuille. 

✅ Avec une stratégie adaptée à votre horizon d’investissement, une bonne diversification, la bonne réaction face aux baisses vous voilà parer pour investir en bourse. Et si vous voulez des conseils plus pratiques et être accompagné étape par étape, recevez gratuitement ma mini-formation en 5 vidéos juste ici !

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure formation pour apprendre à investir en Bourse ?

La meilleure formation pour apprendre à investir en Bourse, c’est d’abord une formation neutre, pédagogique et sans promesse de rendement farfelue. Méfiez-vous des formations qui vendent une méthode miracle, des “signaux” ou une performance garantie.

Je vous recommande la formation de finance héros « Passer de Zéro à Héros en Bourse« . Une formation qui reprend les bases et vous aide progressivement à mettre en place une stratégie d’investissement solide et efficace. C’est une formation basée sur les faits. Elle s’appuie notamment sur la recherche académique en Finance, mais son contenu est accessible à tous grâce à des vidéos pédagogiques et, à la fin de chaque module, quelques actions à mener pour vous faire passer à l’action le plus facilement possible.

Quels sont les meilleurs livres à lire sur la Bourse ?

Je vous déconseille les livres un peu bateaux, écrit par les influenceurs qui passent plus de temps sur Instagram et Youtube qu’à faire des backtests et à lire des livres d’économie. Certains livres reviennent souvent parce qu’ils donnent des bases solides. Pas des recettes magiques.
C’est par exemple le cas de l’investisseur intelligent, de Benjamin Graham, ou encore du petit livre pour investir avec bon sens de John C. Bogle, focalisé sur l’investissement indiciel et les frais réduits. Vous pouvez retrouver une liste complète des meilleurs livres pour investir en bourse dans cet article.

Toutefois, pour quelqu’un qui débute, je ne peux pas m’empêcher de recommander plutôt ma série de 5 vidéos pour débuter en bourse (recevez-la gratuitement ici).

Peut-on investir en Bourse avec un petit budget ?

Oui, on peut investir en Bourse avec un petit budget. Pas besoin d’avoir 10 000 € pour commencer. Aujourd’hui, il est possible d’investir progressivement, avec quelques dizaines ou centaines d’euros par mois selon les plateformes, les enveloppes et les produits choisis.

Reste qu’avant d’investir, il est conseillé de conserver une épargne de disponibilité et si possible aussi une épargne de précaution. Je vous en dis plus sur la manière de bien répartir votre épargne juste ici.

Quels sont les pires conseils à suivre en Bourse ?

Les pires conseils sont souvent ceux qui sont emplis de certitudes. Par exemple : “achète maintenant, ça va exploser”, “cette action est sûre”, “le dividende est élevé donc c’est forcément une bonne affaire”, “le krach va arriver, il faut vendre”.

Personne ne peut prédire avec autant de convictions l’évolution future des marchés financiers. Soit les personnes qui les professent sont idiotes, soit elles vous cachent à dessein une partie de la vérité.

Combien faut-il garder en épargne de précaution avant d’investir en bourse ?

Il n’y a pas de montant parfait pour tout le monde. Mais l’idée est simple : avant d’investir en Bourse, il faut avoir une réserve disponible pour les imprévus. Cette épargne évite de devoir vendre vos investissements boursiers au mauvais moment, par exemple pendant une baisse des marchés.

Généralement, on conseille une épargne de précaution cible permettant de couvrir 6 à 12 mois de dépenses courantes. Toutefois, un jeune actif pourra se permettre de commencer avec moins et d’alimenter aussi bien son épargne de précaution que ses placements boursiers jusqu’à atteindre le montant cible. On vous en dit plus dans cet article sur l’épargne de précaution.

La Bourse est-elle vraiment rentable à long terme ?

Historiquement, les marchés actions ont été rémunérateurs sur longue période. Mais cela ne veut pas dire qu’ils montent tout le temps.

La Bourse connaît des baisses, des krachs, des années médiocres et des périodes de forte volatilité. Investir en actions, c’est accepter que la valeur de son épargne fluctue. L’AMF rappelle d’ailleurs que les actions sont un placement de long terme et que leur valeur varie selon les anticipations des investisseurs.

Dans cet article, on vous dit combien la bourse peut vous rapporter, en moyenne, sur le long terme.