Un fonds Commun de Placement à Risque (FCPR) est une copropriété de valeurs mobilières, composée majoritairement d’actions non cotées. En s’inscrivant dans le private equity (ou capital investissement), les FCPR permettent à des sociétés non cotées en bourse de financer leur développement, et aux particuliers de trouver un placement rentable et diversifiant avec, dans certains cas, une réduction d’impôt. Focus sur le fonctionnement des FCPR  et les solutions alternatives qui misent sur la croissance des entreprises non cotées.

Qu’est-ce qu’un Fonds Commun de Placement à Risque ?

Dans la famille des OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières), les FCPR sont des fonds constitués d’au moins 50% d’actions non cotées.

Les FCPR sont dont un moyen d’investir dans des PME sans avoir à s’impliquer dans le choix des entreprises à financer.

Le cycle de vie d’un FCPR

Formés à l’initiative d’une société de gestion d’actifs, les FCPR sont accessibles par périodes de souscription limitées. Leur durée de vie est prévue contractuellement, en général de 8 à 10 ans, et correspond à une période d’immobilisation du capital

Vous ne pourrez vendre vos parts de FCPR avant l’échéance qu’à condition de trouver un acheteur ou en cas de force majeure (décès, invalidité, licenciement).

Les frais des FCPR

Les Fonds Communs de Placement à Risque supportent différents types de frais :

  • Les frais de souscription (ou droits d’entrée), prélevés au moment de la commercialisation du fonds (généralement inférieurs à 1% du montant et souvent négociables)
  • Les frais de constitution (souvent inférieurs à 0,1% du montant), facturés lors de la création du fonds
  • Les frais de fonctionnement ou frais de gestion (entre 1 et 3% du montant) prélevés annuellement
  • Les frais de sortie, prélevés dans certains cas lorsque qu’il y a rachat

Le détail des frais, ainsi que toutes les caractéristiques du fonds sont identifiables dans un document précontractuel réglementaire, le DICI (Document d’Informations Clés pour l’Investisseur). Il vous sera transmit par le gestionnaire.

La fiscalité du FCPR

La fiscalité appliquée à la vente de votre Fond Commun de Placement à Risque, dépendra de son moyen de souscription :

  • Pour une souscription en direct (le plus courant), vos plus-values seront exonérées d’impôt à la sortie si vous avez conservé votre FCPR pendant au moins 5 ans. Vous devrez néanmoins vous acquitter des prélèvements sociaux de 17,2%.
  • Pour une souscription au sein d’une enveloppe fiscale telle que le PEA ou l’assurance vie, la fiscalité sera celle de l’enveloppe et dépendra donc de son ancienneté (avantages fiscaux dès 5 ans pour un PEA et 8 ans pour une assurance vie).

On parle ici d’avantages fiscaux à la sortie, soit au moment de la vente ou à échéance du fonds. Néanmoins, certains types de FCPR offrent aussi une réduction d’impôt à l’entrée, soit au moment de la souscription. On vous explique cela juste après…

Les différents types de FCPR 

Il existe 3 formes de Fonds Communs de Placement à Risque :

  • les FCPR classiques, investis à hauteur de 50 % minimum en titres non cotés ;
  • les FCPI (Fonds Commun de Placement dans l’Innovation) ;
  • les FIP (Fonds d’Investissement de Proximité).

Les Fonds Communs de Placement dans l’Innovation (FCPI)

Les FCPI sont des fonds investis à hauteur de 70% minimum en titres non cotés d’entreprises ayant une activité à caractère innovant. Les sociétés concernées sont issues de secteurs propices à l’innovation comme les nouvelles technologies, l’informatique ou encore la recherche par exemple. Les sociétés de gestion pourront alors investir 30% maximum du fonds sans contrainte (actions cotées, obligations, bons du trésor…).

Les Fonds d’Investissement de Proximité (FIP)

Les FIP sont des fonds investis à hauteur de 70 % minimum dans des PME régionales non cotées et issues d’une zone géographique définie. Mais depuis 2019, ces contraintes géographiques ont été allégées. Désormais, il peut s’agir d’entreprises présentes sur tout le territoire français (plus rarement en Europe), sauf pour le FIP Corse et Ultramarin qui se concentre sur des entreprises locales. Le reste du fonds peut être investi librement par le gestionnaire.

Une réduction d’impôt pour les FCPI et les FIP

Si vous souscrivez des FCPI ou des FIP, vous pourrez bénéficier d’une réduction d’impôt de 18 à 25%. Le taux de réduction dépendra du quota d’investissement réalisé par le fonds dans les entreprises éligibles, celui-ci devant se situer entre 70 et 100 %. 

Par ailleurs, pour bénéficier de cette réduction d’impôt, il existe un plafond d’investissement maximum, qui s’applique indépendamment aux FIP et aux FCPI :

  • 12 000 € pour une personne seule (ouvrant droit à une réduction d’impôt allant jusqu’à 3000 €)
  • 24 000 € pour un couple marié ou pacsé (ouvrant droit à une réduction d’impôt allant jusqu’à 6000 €)

En outre, les réductions d’impôt perçues au titre des FIP et des FCPI entrent dans le plafonnement des niches fiscales dont le plafond est de 10 000 €.

Si la défiscalisation vous intéresse, on a comparé tous les dispositifs existants pour réduire vos impôts ici !

Quels risques prenez-vous en investissant dans un FCPR ?

La souscription de FCPR doit s’inclure dans une stratégie d’investissement organisée, c’est-à-dire, à destination de fonds dont vous n’aurez pas l’utilité à moyen-long terme. De plus, si le potentiel de performance de ces placements est élevé, notez tout de même que rendement élevé et prise de risque vont de pair.

Vous serez soumis à deux formes de risques en investissant dans des FCPR :

  • le risque de perte en capital ;
  • le risque d’illiquidité.

Cependant, cette prise de risque est tout de même encadrée. En effet, pour être commercialisés, ces fonds doivent avoir reçu un agrément de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) et sont soumis à l’expertise de gestionnaires de fonds.

Rappelez-vous qu’il n’existe pas de placement garanti au rendement élevé !

FCPR ou Crowdfunding ?

Sur le même principe que les FCPR, le crowdfunding (ou financement participatif) est une autre forme d’investissement reposant sur le financement des entreprises non cotées. Il existe deux formes de crowdfunding misant sur le développement des petites et moyennes entreprises :

  • le crowdfunding equity, grâce auquel vous prenez une participation au capital de l’entreprise, autrement dit, vous en devenez actionnaire ;
  • le crowdlending, qui vous permet de prêter aux sociétés et d’obtenir en retour un remboursement de votre capital majoré des intérêts (titres obligataires).

Sur la base d’un financement par actions, le crowdfunding equity est donc l’alternative qui se rapproche le plus des FCPR. Elle se révèle même être plus avantageuse à deux niveaux :

  • vous pouvez choisir vous-même les projets et les entreprises dans lesquelles vous investissez grâce au support des plateformes dédiées (ce qui n’est pas le cas des FCPR dont les entreprises sont sélectionnées par la société gestionnaire) ;
  • la fiscalité est plus attrayante : vous pouvez défiscaliser 25% des sommes investies dans la limite d’un plafond plus élevé que celui des FCPR (50 000 € pour une personne seule et 100 000 € pour un couple soumis à imposition commune, article 199 du CGI).
FCPR FCPI FIP Crowdfunding Equity
Durée d’investissement 5 à 10 ans 5 à 10 ans 5 à 10 ans 1 à 10 ans
Investissement minimum 1000 à 5000 € 1000 à 5000 € 1000 à 5000 € 1000 €
Proportion minimum d’actions non cotées 50 % 70 % 70 % 100 %
Avantages fiscaux Exonération des plus-values après 5 ans de détention Réduction d’impôt de 18 à 25 % des sommes investies avec une réduction maximum de 3000 € pour une personne seule et 6000 € pour un couple Réduction d’impôt de 18 à 25 % des sommes investies  avec une réduction maximum de 3000 € pour une personne seule et 6000 € pour un couple Réduction d’impôt de 25 % des sommes investies avec une réduction maximale de 12 500 pour une personne seule et 25 000 € pour un couple.
Tableau comparatif des investissements dans les entreprises non cotées

A première vue, le crowdfunding equity peut paraître plus risqué qu’un FCPR face à sa forte proportion investie en titres non cotés. Néanmoins, notez que le potentiel de gain est plus fort. De surcroît, en diversifiant les projets dans lesquels vous investissez vous réduisez votre prise de risque.

Pour toujours mieux diversifier votre patrimoine, vous pouvez jeter un coup d’œil du coté des placements alternatifs !